Hadja Idrissa Bah : La « briseuse de mariages » forcés en Guinée
Dans les rues de Conakry, Hadja Idrissa Bah est surnommée la « briseuse de mariages ». À 26 ans, elle s’est engagée dès son adolescence dans la lutte contre les mariages forcés, un fléau qui prive chaque année des millions de filles de leur enfance et de leur droit à l’éducation. « Si vous connaissez dans vos familles, dans vos quartiers, des filles qui pourraient être mariées de force, faites-nous signe », demande-t-elle, mobilisant ainsi la communauté pour lutter contre cette pratique.
Les mariages forcés sont une réalité préoccupante en Guinée, où de nombreuses filles sont soumises à des unions imposées dès leur jeune âge. Cette situation est souvent exacerbée par des facteurs socio-économiques, comme la pauvreté et les traditions culturelles. En 2021, une étude a révélé que près de 30 % des filles en Guinée étaient mariées avant l’âge de 18 ans, mettant en lumière l’urgence d’une action collective pour mettre fin à ces pratiques.
La mobilisation de Bah s’inscrit dans un contexte plus large de sensibilisation et de défense des droits des femmes en Afrique de l’Ouest. Son engagement vise non seulement à protéger les filles de mariages forcés, mais aussi à promouvoir leur accès à l’éducation et à l’autonomisation.
L’impact de son action est déjà visible, avec une augmentation des signalements de cas de mariages forcés. Cela témoigne d’une prise de conscience croissante au sein des communautés locales et de la nécessité de soutenir les jeunes filles dans leur quête de liberté et d’épanouissement.
Source : La Croix
