Guinée : bilan de la transition sous Mamadi Doumbouya cinq ans après le coup d’État

Guinée: cinq ans après le coup d'État, quel bilan pour Mamadi Doumbouya?

Guinée : Cinq ans après le coup d’État, quel bilan pour Mamadi Doumbouya ?

Le 5 septembre 2021, un coup d’État militaire a renversé le président Alpha Condé en Guinée. À la tête des putschistes, Mamadi Doumbouya promettait de restituer le pouvoir aux civils. Cinq ans plus tard, le militaire est devenu président, et son mandat est marqué par un bilan contrasté.

Mamadi Doumbouya, élu avec plus de 86 % des voix lors d’un scrutin en décembre dernier, s’est exprimé en ces termes : « Nous ne sommes pas venus pour construire la Guinée, mais pour construire le soubassement ». Son gouvernement a enregistré des investissements massifs dans le secteur minier, plaçant la Guinée au premier rang des investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne.

Cependant, la situation politique et sociale demeure tendue. La société civile et les partis d’opposition dénoncent des disparitions forcées, avec près de 30 cas signalés. Le slogan de Doumbouya, « la Justice sera notre boussole », reste sans effet tangible, alors qu’une nouvelle fosse commune a été découverte dans la région de Forécariah sans avancées concrètes dans l’enquête.

Les organisations des droits de l’homme critiquent sévèrement son bilan. Selon Mohamed Lamine Souaré, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) en France, Doumbouya n’a pas respecté ses promesses de rendre le pouvoir aux civils et de poursuivre la justice pour les abus passés. Il déclare : « Le bilan est accablant, catastrophique par rapport à tout ce qu’il avait promis ».

Par ailleurs, la Guinée semble reculer sur le plan international concernant la liberté d’expression et de circulation. Des cas de kidnapping et de disparitions, comme celles de Foniké Menguè et Billo Bah, sont cités comme exemples de la détérioration de la situation des droits humains.

Un autre dossier délicat concerne le juge Algassimou Diallo, impliqué dans le procès du 28 septembre, désormais suspecté de « provocation à la discrimination et à la haine », radié par le président et placé en détention. Malgré ces critiques, Mamadi Doumbouya a réaffirmé sa détermination à servir le peuple.

Ce bilan contrasté soulève des questions sur l’engagement de Doumbouya à respecter ses promesses et à instaurer un climat de paix et de justice en Guinée.

Source : RFI

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