Guerre technologique : la Chine frappe 14 entreprises européennes, dont 3 françaises
La Chine a inscrit, ce vendredi 24 juillet, quatorze entités européennes sur sa liste de contrôle des exportations de biens à double usage, coupant immédiatement l’accès de ces entreprises à tout produit d’origine chinoise jugé sensible. Le ministère du Commerce chinois invoque la protection de la sécurité nationale et de la non-prolifération, dans un geste qui élargit la portée d’une guerre des listes déjà engagée avec l’Union européenne concernant les sanctions contre la Russie.
Parmi les entreprises concernées, trois entités françaises figurent sur cette liste : le chimiste savoyard InPACT, le laboratoire III-V Lab à Polytechnique et le spécialiste de drones Cavok UAS, basé à Sainte-Menehould (Marne). Ces entreprises opèrent dans des segments technologiques à double usage, où la frontière entre applications civiles et militaires est souvent floue, incluant des procédés industriels, des semi-conducteurs avancés et des systèmes aériens pilotés à distance. Pékin interdit désormais l’importation de ces biens d’origine chinoise et bloque également les transferts indirects via des partenaires étrangers, compliquant ainsi leurs approvisionnements et projets de coopération.
InPACT se spécialise dans la fabrication de plaquettes de phosphure d’indium, utilisées pour des composants dans les télécommunications et la microélectronique. Le laboratoire III-V est reconnu pour ses semi-conducteurs composés, essentiels pour les capteurs, l’optoélectronique et les télécommunications avancées. Cavok UAS développe des drones et des systèmes susceptibles d’être utilisés pour la surveillance et la reconnaissance. Ces entreprises sont désormais classées par Pékin parmi celles dont l’accès aux technologies duales chinoises doit être strictement contrôlé, voire interrompu.
Source : Ministère du Commerce chinois.
