Guerre en Ukraine : entre relance diplomatique et enlisement du conflit
Après plusieurs mois de relative mise en retrait du dossier ukrainien par Washington, les rencontres de Jared Kushner et Steve Witkoff avec Vladimir Poutine puis Volodymyr Zelensky les 5 et 6 septembre marquent une reprise des efforts diplomatiques américains. Cependant, alors que les divergences territoriales restent profondes et que les deux camps semblent déterminés à poursuivre leurs objectifs de guerre, la perspective d’un règlement demeure lointaine.
Les émissaires américains ont rencontré les dirigeants russe et ukrainien dans un contexte où Washington a annoncé un plan visant à « mettre fin à la guerre ». Les discussions ont été qualifiées de « franches » par le côté russe, mais aucune idée nouvelle n’a filtré. Le cœur du problème réside dans le sort des quatre provinces annexées par la Russie, à propos desquelles Poutine ne semble pas prêt à faire des concessions. Le président russe a annoncé que les verrous de Kramatorsk et de Sloviansk seraient pris avant la fin de l’année, ce qui laisse supposer qu’il ne mise pas sur un accord rapide.
Actuellement, les États-Unis restent le seul médiateur capable de parler aux deux parties. Les Européens, bien qu’associés aux discussions, se positionnent comme soutiens inconditionnels des Ukrainiens. À moins d’une proposition nouvelle et acceptable par les deux camps, le conflit semble voué à se poursuivre.
En termes de bilan, la guerre a causé des pertes humaines colossales des deux côtés et a été catastrophique pour l’Ukraine, dévastée par les combats. La Russie, quant à elle, fait face à des sanctions économiques sévères qui ont ralenti son économie. L’Europe souffre également des conséquences économiques, payant son énergie plus cher et perdant des parts de marché.
À quelques jours des élections parlementaires russes, la guerre occupe une place minime dans la campagne, notamment parce que le seul parti opposé à la guerre, Iabloko, n’a pas été autorisé à présenter des candidats. Malgré une augmentation du taux d’approbation de Vladimir Poutine, la population commence à montrer des signes de lassitude face à la guerre, et les économistes s’inquiètent de la santé de l’économie russe.
Malgré ces difficultés, la volonté de se battre pour les objectifs de guerre initiaux reste intacte des deux côtés, avec une absence de contestation ouverte de la part de l’opinion publique.
Source : IRIS

