Guerre commerciale : une riposte américaine « sans grand impact »
L’administration Trump a rapidement réagi, mardi, en imposant de nouvelles mes contraignantes suite à l’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens. Selon Jean-Michel Marcoux, professeur adjoint à l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval, cette dernière offensive américaine, bien que bruyante, a des effets plutôt neutres.
Le président américain a décidé d’exclure les entreprises canadiennes des achats gouvernementaux américains, s’inspirant possiblement d’une me annoncée par le Québec, qui réserve certains appels d’offres à des entreprises locales. Cette décision semble symbolique, étant donné que, sur un marché de 50 milliards de dollars pour l’année financière 2024-2025, seulement 58 millions de dollars étaient alloués à des fournisseurs canadiens.
Dans le contexte québécois, moins de 10 % des entreprises américaines soumissionnent pour des appels d’offres publics. La première ministre Christine Fréchette a déclaré que même l’exclusion d’une seule entreprise pourrait avoir un impact pour les entreprises du Québec.
Trump a également signé cinq proclamations, dont trois interdisent l’importation de certains produits canadiens, tels que le lactosérum et certaines boissons alcoolisées, à partir du 29 septembre. Bien que cette me soit contraignante, ces produits étaient déjà soumis à des tarifs douaniers de 50 % depuis le 20 août. Marcoux souligne que le passage à une interdiction claire a un impact relativement limité.
En ajoutant de nouveaux produits aux droits de douane de 50 %, la me touchera des articles tels que les fromages et certains meubles à compter du 15 septembre. Cependant, Trump a également signé un décret annulant partiellement les droits de douane sur une dizaine de produits canadiens, dont le papier hygiénique et le sel, qui échappent désormais aux tarifs de 50 %.
D’après Marcoux, les pressions de l’industrie américaine ont incité le président à ce recul, car le marché américain ne peut pas produire efficacement certains de ces produits, comme les cannes à pêche, et dépend donc des importations canadiennes.
Enfin, une analyse de la Banque Scotia indique que les exportations interdites ne représentent qu’environ 0,7 milliard de dollars canadiens. Les nouveaux droits de douane s’appliqueront à environ 3 milliards de dollars canadiens d’exportations canadiennes, tandis que ceux qui ont été supprimés concernent environ 2 milliards de dollars.
La menace de Trump d’interdire la vente des appareils de Bombardier sur le sol américain n’a pas encore été mise en œuvre, bien que la Maison-Blanche ait précisé que le président continue d’évaluer ses options.
Source : Radio-Canada

