Une « guerre civile » a éclaté entre des chimpanzés sauvages en Ouganda

Une guerre civile éclate parmi les chimpanzés en Ouganda

Des chercheurs ont récemment documenté une forme de « guerre civile » au sein du groupe de chimpanzés Ngogo, situé dans le parc national de Kibale, en Ouganda. Ce phénomène, très rare, a été rapporté dans des travaux publiés le 9 avril dans la revue Science.

Depuis les années 1990, le groupe de Ngogo, qui compte plus de 200 individus, a été étudié. Pendant 25 ans, ces chimpanzés ont montré une cohésion forte, mais à partir de 2015, des tensions ont commencé à émerger, entraînant une scission « spatiale et sociale » en deux groupes distincts, selon l’équipe dirigée par Aaron Sandel, anthropologue à l’université du Texas à Austin.

Les relations entre les anciens membres du groupe sont devenues hostiles dès les premières années de cette scission. Les chimpanzés des deux factions ont commencé à patrouiller près de leurs « nouvelles frontières », avec des affrontements menant à une « violence meurtrière ». Le pic des violences a été observé en 2018.

Les attaques ont principalement ciblé les mâles, mais des nourrissons ont également été touchés. Les « chimpanzés de l’ouest » ont mené 24 attaques coordonnées contre les « chimpanzés du centre », entraînant la mort d’au moins sept mâles adultes et dix-sept nourrissons.

Bien que les chercheurs aient déjà observé des comportements violents chez les chimpanzés envers des groupes ennemis, les attaques entre anciens membres d’une même communauté n’avaient jamais été aussi bien documentées. Aaron Sandel souligne qu’il est important de faire preuve de prudence avec l’appellation « guerre civile », précisant que les chimpanzés n’ont pas de nations comme les humains.

Les scientifiques explorent diverses pistes pour expliquer ces violences, telles que la taille du groupe et la compétition pour la nourriture ou les femelles. La zoologiste Liran Samuni mentionne que le groupe Ngogo était historiquement agressif, même avant cette scission, se classant parmi les communautés de chimpanzés les plus violentes en termes d’incursions chez les voisins.

Ces événements rappellent les dangers que les divisions au sein des groupes peuvent représenter, tant pour les chimpanzés que pour les sociétés humaines.

Source : HuffPost, AFP

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *