Guerre au Soudan : défection de paramilitaires et ses implications sur le conflit

Guerre au Soudan: ce qu'affirment les paramilitaires qui ont fait défection

Guerre au Soudan : défections dans les Forces de soutien rapide

Depuis le début de l’année 2026, plusieurs officiers des Forces de soutien rapide (FSR) ont fait défection pour rejoindre l’armée soudanaise. Le dernier ralliement notable a eu lieu le 20 août, lorsque le général Moussa Ali Ahmad, surnommé Moussa Khamsine, a quitté les FSR avec plus de 315 hommes et une cinquantaine de véhicules armés. Ces déserteurs ont partagé leurs témoignages avec les médias, offrant un aperçu de la structure interne des FSR et des dynamiques de pouvoir au sein de ce groupe paramilitaire.

Avant sa défection, Moussa Khamsine combattait l’armée régulière soudanaise au Darfour du Nord. Il a été accueilli par le major-général al-Nour al-Qobba, un autre transfuge, qui l’a aidé à orchestrer son départ. Khamsine a évoqué sa déception concernant le « projet des FSR pour établir un nouvel État » comme l’une des raisons de sa défection. D’autres défections notables incluent celle de Fares al-Nur, ancien conseiller des FSR, qui a également quitté ses fonctions politiques.

Les déserteurs ont mis en lumière des tensions et des critiques internes au sein des FSR. Le colonel Ali Rizkallah, connu sous le nom d’al-Savana, a déserté avec 5 000 combattants en mai dernier et a révélé des informations sur les opérations des FSR. Il a également signalé que le chef des FSR, Hemedti, serait isolé et sous l’influence d’acteurs extérieurs, ce qui soulève des questions quant à son pouvoir décisionnel.

Les défections des FSR pourraient signaler une érosion de leur structure militaire et tribale. Les tribus arabes, qui soutiennent traditionnellement la famille Dogolo, semblent désormais divisées. Des observateurs notent que les groupes au sein des FSR se plaignent de ne pas recevoir l’aide militaire nécessaire et que des dysfonctionnements organisationnels exacerbent la situation. De plus, des allégations d’exécutions sommaires et de détentions massives dans les prisons contrôlées par les FSR, comme la prison de Dakris, soulignent la gravité de la situation.

Ces événements soulèvent des questions sur l’avenir des FSR et leur capacité à maintenir leur cohésion face aux défections croissantes. Le soutien militaire et financier de pays comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite continue d’alimenter le conflit, malgré les critiques internationales concernant l’impunité des ex-membres des FSR qui rejoignent l’armée régulière.

Les répercussions de ces défections pourraient affaiblir les FSR, mais elles restent capables de mobiliser des forces et de mener des attaques sur plusieurs fronts.

Source : RFI

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