Guerre au Moyen-Orient : inquiétudes sur le pétrole, l’AIE mise sur des « amortisseurs »

Guerre au Moyen-Orient : inquiétudes sur le pétrole, l’AIE mise sur des « amortisseurs »

La paralysie partielle du détroit d’Ormuz et les menaces sur Bab el-Mandeb fragilisent deux corridors par lesquels transitent une part majeure du pétrole et du gaz mondiaux. Les marchés du diesel, de l’essence et du GNL restent sous forte pression, avec un risque accru pour les prix à la pompe et le remplissage des stockages européens avant l’hiver.

L’escalade des hostilités au Moyen-Orient, associée à la dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz, accentue les inquiétudes concernant la sécurité d’approvisionnement en pétrole et l’incertitude sur les perspectives du marché. Dans une déclaration publiée récemment, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a affirmé que l’organisation suit de près l’évolution des marchés face aux récents développements de la crise.

Bien que les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz et sur celui de Bab el-Mandeb fragilisent simultanément deux points de passage vitaux pour les hydrocarbures, plusieurs facteurs d’amortissement permettent pour le moment de stabiliser les marchés du brut. Ces mécanismes incluent des flux alternatifs mis en place par les producteurs du Golfe, une hausse des exportations hors Moyen-Orient, une baisse marquée des importations chinoises, ainsi que le déblocage des stocks stratégiques d’urgence de l’AIE.

La situation demeure critique pour l’économie réelle. L’activité de raffinage n’ayant pas progressé au même rythme que les livraisons de brut, les marchés des produits raffinés comme le diesel et l’essence subissent de fortes tensions, se répercutant sur les prix à la pompe. Sur le marché du gaz naturel, la compensation partielle des pertes par d’autres producteurs ne suffit pas à éliminer le risque d’une tension prolongée, notamment pour le remplissage des stocks européens avant l’hiver.

L’AIE souligne qu’il n’y a pas de place pour la complaisance face à l’escalade des hostilités et au tirage continu sur les stocks commerciaux. Une résolution du conflit, incluant une réouverture complète et sans condition du détroit d’Ormuz, sera essentielle pour éviter une nouvelle détérioration de la sécurité énergétique mondiale.

Source : Agence internationale de l’énergie

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