Moyen-Orient : Guterres alerte contre une guerre aux conséquences mondiales
De retour d’une visite en Syrie, en Jordanie et à Chypre, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré lors d’un point de presse au siège des Nations Unies à New York que « le Moyen-Orient – et le monde – ne peuvent pas se permettre une nouvelle guerre ». Ses commentaires surviennent alors qu’une nouvelle flambée de violences a ravivé les tensions entre les États-Unis et l’Iran.
L’armée iranienne a annoncé avoir lancé des attaques de drones contre des installations militaires américaines au Koweït, en réponse à des frappes américaines récentes contre des sites en Iran. Cette escalade met fin à une période d’accalmie dans les attaques directes entre les deux pays, qui avaient oscillé entre conflit et négociation ces derniers mois. D’autres alliés des États-Unis, comme la Jordanie et l’Arabie saoudite, ont également été touchés par de nouvelles attaques. Une frappe a été signalée pour la première fois en Égypte, dans le port méditerranéen de Damiette.
Pour António Guterres, les conséquences de cette escalade dépassent le cadre sécuritaire régional. Il a souligné que le commerce à travers le détroit d’Ormuz s’est effondré, que les marchés de l’énergie ont été bouleversés, et que les prix des denrées alimentaires et des engrais ont flambé. Ces perturbations contribuent à une augmentation du coût de la vie à l’échelle mondiale. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), jusqu’à 45 millions de personnes pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë en raison des conséquences du conflit.
Guterres a également insisté sur la nécessité de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, où les attaques contre des navires marchands se sont multipliées. Les menaces sur le trafic maritime affectent les exportations de pétrole et le commerce international. Les Houthis, une milice yéménite soutenue par l’Iran, ont annoncé un blocus des navires saoudiens. En réponse, l’Arabie saoudite a formé une coalition militaire pour protéger la navigation dans la région.
Face à cette détérioration rapide de la situation, Guterres a réitéré que seule une solution politique pourrait éviter une aggravation de la crise, en appelant à un cessez-le-feu et à la protection des droits de navigation.
Par ailleurs, l’UNICEF a alerté sur le lourd tribut payé par les enfants en Iran, où plus de 2.500 d’entre eux auraient été tués ou blessés depuis le début de la guerre. Au total, plus de 4.000 enfants auraient été touchés dans six pays de la région, incitant l’agence à appeler toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à protéger les enfants.
Source : ONU


