Grippe : le vaccin réduirait de 80 % le risque de décès chez les enfants, selon une étude
La grippe, souvent perçue comme une infection saisonnière sans grande gravité pour les jeunes, peut entraîner des complications sévères telles que la pneumonie, la détresse respiratoire ou l’inflammation du cerveau. Dans des cas rares, elle peut même conduire à la mort d’enfants auparavant en bonne santé. Une étude publiée en juillet 2026 dans la revue scientifique Pediatrics révèle que le vaccin contre la grippe est associé à une diminution de 80 % du risque de décès chez les enfants et adolescents.
Plus de 1 200 décès pédiatriques analysés
Les chercheurs ont analysé des données des États-Unis entre août 2016 et juillet 2025, couvrant huit saisons grippales, à l’exception de la saison 2020-2021, marquée par une circulation très faible du virus pendant la pandémie de Covid-19. Au total, 1 234 décès dus à une grippe confirmée en laboratoire ont été recensés chez des enfants de 6 mois à 17 ans. Les informations concernant la vaccination étaient disponibles pour 1 086 d’entre eux. Parmi ces victimes, 530 présentaient au moins une maladie ou un facteur de risque connu, tandis que 556 n’avaient aucune pathologie identifiée.
La majorité des enfants décédés n’étaient pas vaccinés
Les chercheurs ont comparé les taux de vaccination des enfants décédés avec ceux de la population pédiatrique américaine. En moyenne, 49 % des enfants étaient vaccinés contre la grippe durant la période étudiée. En revanche, seulement 18 % des enfants décédés avaient été complètement vaccinés. Ce chiffre atteignait 23 % chez ceux ayant une maladie préexistante, mais ne s’élevait qu’à 13 % chez ceux sans comorbidité.
Selon l’American Academy of Pediatrics, le risque de mourir d’une grippe est environ quatre fois plus élevé chez les enfants non vaccinés. L’efficacité du vaccin contre le décès s’élevait à 80 % dans l’ensemble de la population étudiée.
Une protection élevée même chez les enfants en bonne santé
La vaccination a montré une réduction du risque de décès de 77 % chez les enfants présentant une pathologie sous-jacente. Pour ceux sans problèmes de santé connus, cette protection atteignait 87 %. Des résultats similaires ont été observés pour les virus grippaux A et B, avec une efficacité de 87 % contre le décès pour chaque type.
Il est à noter que la protection variait chez les jeunes ayant déjà une maladie, estimée à 68 % contre les décès liés à la grippe A et à 77 % pour ceux causés par la grippe B. Les enfants de 6 mois à 4 ans semblaient bénéficier d’une protection particulièrement importante.
Le vaccin ne sert pas seulement à éviter la grippe
Cette étude observationnelle souligne une association mais ne garantit pas que le vaccin empêche systématiquement une infection. Son intérêt principal dépasse la prévention de quelques jours de fièvre ou de fatigue. Même si le vaccin ne prévient pas toutes les contaminations, il réduit significativement la probabilité de développer une forme grave ou mortelle de la maladie.
Les auteurs de l’étude encouragent à modifier le message adressé aux familles. Présenter la vaccination uniquement comme un moyen de ne pas attraper la grippe peut engendrer des déceptions. Insister sur la prévention des hospitalisations, des complications et des décès pourrait mieux faire comprendre l’importance de la vaccination.
Source : Pediatrics
