Grève SNCF : Jean Castex affronte mercredi son premier bras de fer social

Grève SNCF : Jean Castex face à son premier défi social

Un TGV sur trois restera à quai mercredi 10 juin, et un train Intercité sur deux sera également annulé, avec un trafic régional décrit comme « fortement perturbé ». Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont appelé à une grève de 24 heures pour réclamer un moratoire sur l’arrivée de la concurrence, marquant ainsi la première épreuve sociale de l’ère Castex.

Cette grève a été planifiée à une date jugée stratégique, en évitant les grands départs, les week-ends ou le baccalauréat, dans l’espoir d’une mobilisation « importante ». La SNCF Voyageurs a anticipé l’annulation d’un TGV sur trois et d’un Intercité sur deux, en particulier en Île-de-France, où le « trafic régional sera fortement perturbé sur la plupart des lignes ».

Pour faire face à ce mouvement, le groupe ferroviaire prévoit de « mobiliser toutes ses ressources », y compris le recours à des encadrants pour remplacer le personnel gréviste. La direction de la SNCF a précisé que son objectif n’est pas d’éradiquer la grève, mais d’asr le meilleur service possible pour les usagers, tout en reconnaissant ne pas avoir les moyens de couvrir l’ensemble des absences.

Les syndicats, dont la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, Sud Rail et la CFDT Cheminots, s’opposent principalement à la mise en œuvre de la concurrence sur les rails français, initiée par l’ancien président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Ils dénoncent un système qui « dysfonctionne » et exigent un arrêt des réorganisations et filialisations en cours, qui entraînent des « urgences sanitaires et sociales » parmi le personnel.

Les syndicats réclament également une augmentation générale des salaires, arguant que les revalorisations obtenues pour 2026 ne compensent pas l’inflation observée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février.

Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminot, a souligné l’importance d’aligner les droits des cheminots du groupe public unifié et de ceux des filiales récemment créées. Il a également appelé à des négociations immédiates, affirmant que la balle est dans le camp de la direction.

Les syndicats évoquent un « point de bascule » dans les pratiques sociales à la SNCF, avec treize suicides de salariés enregistrés depuis le début de l’année, un chiffre alarmant qui souligne un mal-être au sein du personnel. Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire, a noté un malaise général, en particulier dans l’encadrement, dû aux réorganisations qui affectent profondément les employés.

Les syndicats critiquent aussi la multiplication des sociétés filiales créées pour répondre aux appels d’offres des régions, qui cherchent à augmenter le nombre de trains tout en réduisant les coûts.

Source : La Croix

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