Grève du travail social : vers une « alliance inédite » avec les associations d'usagers ?

Grève du travail social : vers une « alliance inédite » avec les associations d’usagers ?

Les 16, 17 et 18 décembre prochains, les travailleurs du secteur médico-social appellent à une grève pour exiger des moyens accrus pour l’accueil des usagers et de meilleures conditions de travail. Cette mobilisation fait suite à des actions précédentes au printemps et à la rentrée.

Les travailleurs sociaux, représentant divers secteurs comme la protection de l’enfance, l’hébergement d’urgence et l’accompagnement des mineurs isolés, se réunissent pour faire entendre leurs revendications. Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT du Samu social de Paris, souligne l’importance de cette initiative : « Même si on a des publics différents, on a tous les mêmes problématiques d’accès aux droits et les mêmes modes de financement. »

Des villes telles que Strasbourg, Rouen, Metz, Nantes et Toulouse ont déjà répondu à l’appel. Florence, membre de la commission de mobilisation du travail social en Île-de-France, indique que l’ampleur de la mobilisation dépendra des luttes locales, mais qu’elle servira de point d’appui pour un mouvement plus combatif.

Alliance inédite entre le travail social et les usagers

Cette grève s’inscrit dans un contexte plus large de collaboration entre le monde associatif et le travail social. Le choix des dates coïncide avec la Marche des solidarités, prévue le 18 décembre, qui sera conduite par des associations d’usagers, notamment des migrants. Camille, membre du Collectif autonome du travail social Interlogement (CATSI), se réjouit de cette alliance, soulignant que « l’alliance de ces deux mondes, qui ne se comprenaient pas toujours, est assez inédite. »

Cette mobilisation vise à démontrer qu’il est possible d’imposer une résistance durable face à la précarisation croissante du secteur. Les travailleurs du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) sont particulièrement engagés, avec une forte attente de soutien de la part des associations.

Statistiques alarmantes

Actuellement, le 115, numéro d’urgence pour les sans-abri, reçoit environ 3 000 appels par jour, mais n’offre qu’une soixantaine de places disponibles pour la nuit. Cela signifie que seulement 20 % des appels sont traités, entraînant une augmentation du nombre de personnes laissées sans solution. En Seine-Saint-Denis, plus de 11 000 personnes sont laissées à la rue chaque jour, tandis que près de 40 000 relèvent d’un dispositif d’hébergement.

Conséquences des politiques publiques

La précarisation du secteur social est exacerbée par la hausse des loyers et le manque de revalorisation des salaires. Les expulsions locatives ont augmenté de 29 % en un an, atteignant un record de 25 000 ménages expulsés en 2024. Ces conditions rendent difficile l’accompagnement des usagers, comme l’indiquent les travailleurs sociaux qui dénoncent le manque de moyens et de personnel.

Cette grève pourrait marquer un tournant significatif dans la lutte pour de meilleures conditions de travail et d’accueil des usagers, tout en mettant en lumière les défis persistants du secteur médico-social.

Source : Rapports de force

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