Grève des salariés des boucheries Despi : un mouvement pour des conditions de travail améliorées
Les salariés de la boucherie stéphanoise Despi sont en grève ce samedi 15 août. Ce mouvement, qui toucherait environ 70 % des 2 000 employés du groupe en France, a vu une quarantaine de manifestants se rassembler à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, devant une enseigne de distribution. Ils exigent une revalorisation des salaires et de meilleures conditions de travail.
Les revendications des grévistes portent principalement sur une augmentation salariale de 5 %, en réponse à la hausse du SMIC et à la répartition des richesses produites, qui, selon eux, ne profite qu’aux actionnaires. Olivier de Ascencao, représentant local du syndicat CGT, souligne que l’entreprise affiche une bonne santé financière, avec une augmentation du chiffre d’affaires de 13 % par rapport à l’année précédente et des dividendes de plus de 116 millions d’euros distribués sur les trois dernières années. L’ouverture de 80 nouveaux magasins est également envisagée dans les 18 mois à venir.
Outre les questions salariales, les grévistes dénoncent des conditions de travail dégradées, notamment un manque de personnel qui entraîne une surcharge de travail. « On demande de plus en plus de productivité aux salariés présents pour compenser le manque de personnel », précise Olivier de Ascencao. Il évoque également une augmentation des cas d’inaptitude professionnelle, qui surviennent de plus en plus tôt dans la carrière des employés, souvent en raison de gestes répétitifs et de maladies professionnelles.
Les travailleurs signalent également des violations du Code du travail, notamment en ce qui concerne le temps de repos. Les amplitudes horaires peuvent atteindre jusqu’à 14 heures par jour, et le respect des temps de pause n’est pas toujours garanti.
Fondée en 1933 à Saint-Étienne, l’entreprise Despi emploie près de 2 000 salariés répartis sur tout le territoire français, avec un siège social situé dans la Loire. Les produits de la boucherie sont principalement vendus dans les magasins Grand Frais.
Article rédigé à partir des éléments du reportage de P. Degayffier et M. Prieur Louit.



