Grève chez Ikea : la CFDT dénonce

Grève chez Ikea : la CFDT dénonce « un problème de structure et de ressources »

Les salariés d’Ikea Orléans-Ardon (Loiret) ont cessé le travail ce jeudi 18 juin entre 11h et 13h pour dénoncer une dégradation de leurs conditions de travail. La CFDT accuse la direction de réduire les effectifs tout en maintenant le même niveau d’activité, et redoute que la crise qui traverse le magasin ne soit que le premier signe d’une restructuration nationale.

Dans les allées de l’enseigne orléanaise du géant suédois, peu de personnel était présent durant la grève. « Pendant les deux heures de grève, seuls quelques cadres et directeurs de service ont assuré le maintien de l’activité du magasin », explique Abdel Mekki, délégué syndical central CFDT Ikea France, qui a soutenu le mouvement.

La grève vise à alerter sur une situation préoccupante jugée par les représentants du personnel. « Aujourd’hui, il y a un problème de structure et de ressources. On sent que la volonté du groupe est de baisser les coûts. Le plus gros impact est sur les petites structures comme Ikea Orléans-Ardon », affirme Abdel Mekki.

Selon lui, le magasin ne dispose plus des moyens humains suffisants pour faire face à son activité. « Il est impossible de répondre à la demande des clients. Les équipes ne peuvent plus absorber les volumes de travail, ce qui entraîne des fermetures de services. Tout cela occasionne un cercle vicieux avec un absentéisme record et un véritable mal-être au travail. »

Les élus du comité social et économique (CSE) ont multiplié les alertes auprès de la direction locale depuis près d’un an. « Rien n’a été fait. Aujourd’hui, ce magasin est sous-structuré pour répondre au volume de travail qui lui est demandé », poursuit Abdel Mekki.

La CFDT indique que plusieurs services sont particulièrement touchés : la logistique, la relation clientèle, la vente et une partie des ressources humaines. Le syndicat souligne également un absentéisme qui toucherait jusqu’au comité de direction. Le directeur du magasin était absent lors du mouvement social, tandis que des représentants de la direction devaient rencontrer les élus du personnel.

Les difficultés rencontrées à Orléans-Ardon dépassent largement le cadre local. « Il y a des problèmes d’ordre local, mais aussi un impact qui vient du plus haut niveau du groupe, qui demande de réduire le volume d’heures de travail tout en maintenant le même volume de production. » Le syndicat estime que le magasin d’Orléans-Ardon est « la première unité à tirer le signal d’alarme en France sur la réduction des budgets et des effectifs dans les magasins. »

Abdel Mekki y voit les premiers signes d’une stratégie engagée depuis plusieurs années. « Pour la CFDT, ce sont les prémices d’un virage. L’entreprise veut se restructurer, se réformer et entame des coupes budgétaires. On n’en est qu’au début. C’est le début d’une fronde qui est en train de s’amorcer. »

Le responsable syndical craint des conséquences importantes sur l’emploi. « Selon moi, ce n’est qu’une question de semaines ou de mois avant qu’Ikea France annonce des mes avec un impact social très fort en termes d’emploi. »

Contactée, la direction d’Ikea France indique avoir été informée du mouvement social au magasin d’Orléans-Ardon. Dans une déclaration, elle affirme être « dans un dialogue ouvert et constructif avec les organisations représentatives du personnel afin de répondre aux préoccupations des collaborateurs. » L’entreprise précise que « des mes d’organisation sont d’ores et déjà mises en place afin de garantir le bon fonctionnement de l’activité du magasin et de garantir de meilleures organisations de travail et d’accompagnement au quotidien. » Enfin, la direction rappelle que « chez Ikea, la santé, la sécurité, le bien-être et la qualité de vie au travail sont une priorité » et as rester « pleinement attentive à la situation et à l’écoute de ses collaborateurs. »

Source : France 3 Régions

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