Gravures de prisonniers desespérés, dessins de personnages nus ou messages de soldats : à la découverte des graffitis cachés du château de Pierrefonds

Les graffitis cachés du château de Pierrefonds : un témoignage du passé

Profiter du soleil en flânant dans le parc, et se réfugier au frais dans l’imposante bâtisse : c’est une visite idéale pour l’été (et en plus, gratuite pour les moins de 26 ans). Le château de Pierrefonds a d’ailleurs attiré plus de 186 000 visiteurs en 2025. Mais il recèle aussi des secrets, notamment des pièces aux murs couverts de graffitis datant de plusieurs siècles. Des lieux interdits au public, qu’on vous emmène visiter.

Construit à la fin du XIVe siècle, puis détruit et abandonné avant d’être restauré par Viollet-le-Duc à partir de 1857, le château de Pierrefonds a connu de nombreuses transformations. Emma Bencteux, guide conférencière, souligne que l’on pourrait retracer 500 ans d’histoire simplement en analysant les murs du château, notamment ceux des pièces cachées, souvent inaccessibles au public.

« Il y a plein d’endroits inaccessibles au public, » confirme Emma. « Et dans certains de ces endroits, il y a des graffitis. Les plus anciens datent du Moyen Âge et de la construction du château. »

La visite débute dans la tour Artus, une des parties les plus anciennes du château. Au centre de la salle se trouve un cachot, où des dessins gravés dans la pierre témoignent de l’ennui et de la désespoir des prisonniers. « Ça nous donne des indications sur la façon dont les prisonniers passaient le temps. Ça pouvait être un moyen de compter les jours, » explique Emma.

Les graffitis, souvent réalisés avec des outils rudimentaires, révèlent des personnages, des pendus, et d’autres motifs qui évoquent la mortalité. « Ils utilisaient les murs comme feuille de papier, » ajoute la guide.

La tour Alexandre, plus récente, présente des dessins aux contours noirs, dont certains représentent des têtes couronnées et d’autres des visages presque effacés. Ces œuvres, probablement exécutées au crayon ou au fusain, proviennent d’une époque où le château était en ruines et accessible au public.

Au XVIIe siècle, Louis XIII ordonne la destruction de la forteresse, qui devient alors un vestige abandonné. Pendant deux siècles, le château est un lieu de promenade romantique, où les visiteurs laissent leurs propres marques sur les murs.

« Ici, on n’est plus du tout au Moyen Âge. On est à l’époque moderne, » précise Emma, en montrant des graffitis du XIXe siècle, gravés avec des dates et des prénoms.

La visite se poursuit dans les caves, où un graffiti commémore les bombardements de 1918, lorsque les habitants de Pierrefonds se sont réfugiés dans le château. Emma montre également un graffiti gravé par un soldat américain, témoignant du rôle du château pendant la Première Guerre mondiale, où il a servi d’infirmerie et de cantonnement.

Ces graffitis historiques représentent une part intime de l’histoire du château, et il arrive encore qu’Emma en découvre de nouveaux. Bien que ces traces du passé soient protégées, des visites rares sont parfois organisées. Les dégradations, cependant, sont strictement interdites et punies par la loi.

Source : FTV

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