Gisèle Pelicot, récompensée aux DVF Awards, refuse le statut de victime
Sur le tapis rouge, Gisèle Pelicot a exprimé sa gratitude pour cette distinction au micro de Vanity Fair. « C’est un honneur, je ne m’y attendais pas. Je pense que j’ai sensibilisé certaines personnes – dont Diane – et je pense qu’elle a lu mon livre et c’est un immense honneur de le recevoir de ses mains ce soir. »
Depuis la fin du procès des viols de Mazan, elle prend progressivement conscience de l’impact de sa prise de parole, de son refus de l’anonymat et du huis clos. Peu après le verdict, elle a réalisé que le procès avait « vraiment libéré la parole des femmes », comme en témoignent les nombreuses lettres qu’elle a reçues. Certaines lui écrivaient : « Merci parce que ça va nous donner la force de pouvoir parler. » Aujourd’hui encore, des femmes lui expriment leur gratitude, lui confiant garder son livre, Et la joie de vivre, sur leur table de nuit et relire certains passages lorsqu’elles ont besoin de « courage et de force ».
Un chapitre clos
« Je mets aussi à l’honneur ma fille ce soir », a précisé Gisèle Pelicot. Le montant du DVF Award sera reversé à #MendorsPas, l’association créée par Caroline Darian, sa fille, pour lutter contre la soumission chimique. Un combat personnel pour Gisèle Pelicot, qui raconte avoir vécu « dix ans d’errance thérapeutique, dix ans d’errance médicale » avant de comprendre qu’elle avait été droguée à son insu. « Je pensais que j’étais malade, j’avais des absences », explique-t-elle. Elle se dit aujourd’hui « très fière » de soutenir l’engagement de sa fille.
Bien qu’elle accepte cette reconnaissance internationale, Gisèle Pelicot refuse de se présenter comme une victime. À propos du procès, elle déclare : « Je voulais que la justice fasse son travail. Qu’on reconnaisse qui était la victime et qui étaient les accusés. Ils ont été reconnus coupables. Pour moi, après, le chapitre était clos. J’ai voulu vraiment passer à autre chose et ne surtout plus endosser le statut de victime. »
Source : Vanity Fair

