Un clou de plus dans le cercueil : la sécheresse frappe les agriculteurs de Gironde

En Gironde, la sécheresse met les agriculteurs à genoux cet été 2026 : vaches qui meurent, production de lait en baisse et récoltes de maïs décimées. Face à ce « clou de plus dans le cercueil », les professionnels s’inquiètent que les aides promises par le gouvernement ne suffisent pas à sauver les exploitations.

Dans l’agriculture, difficile de trouver un secteur qui n’est pas impacté par la sécheresse de cet été 2026, alors qu’il n’a quasiment pas plu depuis trois mois en Gironde. Cédric Pointet, jeune agriculteur installé au Fieu, au nord-est du département, produit notamment du lait, du maïs, et des tomates. Malgré ses efforts pour lutter contre les fortes chaleurs, il vit un calvaire à l’instar de toutes les exploitations girondines.

À la ferme de la Meunière, son volume de lait a diminué de 10 à 20 %, et son troupeau a subi des pertes. « Des animaux ont eu des soucis dans la mise bas, la chaleur a fait qu’on n’a pas pu les sauver, elles étaient trop épuisées », déplore Cédric Pointet. La fécondation des bêtes est aussi perturbée par les canicules successives : « Elles mettent du temps à revenir en chaleur », raconte l’exploitant affilié aux Jeunes agriculteurs.

L’agriculteur avait pourtant investi dans des ventilateurs et une isolation performante. Le maïs qu’il cultive souffre également, malgré un système d’irrigation installé au milieu du champ. Cédric Pointet montre deux épis, l’un bien hydraté, l’autre moins. La différence de rendement est considérable : 500 kg à une tonne de grain dans les zones desséchées, contre onze tonnes dans les zones épargnées. Il explique avoir apporté l’équivalent de 250 millimètres de pluie grâce à son irrigation, afin de compenser l’absence de précipitations.

Le pâturage des vaches n’est pas épargné non plus, forçant l’exploitant à rationner sa paille pour pouvoir passer l’hiver. « Je leur donne une ration à base de paille, d’enrubannage, de maïs ensilage et de tourteau, pour économiser le peu de fourrage qu’on a réussi à récolter », précise-t-il. Cet épisode de sécheresse représente un « clou de plus dans le cercueil de certaines exploitations », selon Jean-Samuel Eynard, président de la Chambre d’agriculture du département.

« Toutes les exploitations de Gironde sont fortement impactées : viticulteurs, maraîchers, producteurs de pommes. Le rendement est moindre, la qualité aussi », ajoute-t-il. Il le sait, à cause du réchauffement climatique, ces étés très secs et chauds deviennent monnaie courante. Selon la ministre de l’Agriculture Monique Barbut, un dispositif d’indemnité de solidarité nationale (ISN) est prévu pour aider les agriculteurs, assurés ou non, pour un montant qui s’élèvera à plusieurs centaines de millions d’euros.

Cependant, Jean-Samuel Eynard craint que cela ne suffise pas. Le montant des aides ciblées aux agriculteurs sera dévoilé par le ministère le 3 septembre.

Source : France 3 Aquitaine

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