Gironde : Jusqu’à neuf ans de prison pour un « bizutage » ayant rendu un adolescent aveugle

Gironde : Jusqu’à neuf ans de prison pour un « bizutage » ayant rendu un adolescent aveugle

Le verdict est tombé après un calvaire médical et judiciaire de six ans. Quatre auteurs d’un bizutage ayant rendu un adolescent aveugle près de Bordeaux en 2020 ont été condamnés à des peines de six à neuf ans de réclusion avec mandat de dépôt, vendredi, par la cour d’assises des mineurs de la Gironde.

Les accusés, âgés de 16 à 19 ans au moment des faits, ont commis les violences dans une cave de Cenon. Le plus âgé a écopé de la peine la plus lourde. Après plus de six heures de délibéré, la cour a retenu l’excuse de minorité pour trois d’entre eux, condamnés à sept ans de réclusion pour deux d’entre eux, et six ans pour le dernier.

La victime, alors âgée de 15 ans et au physique frêle, avait été frappée dans le cadre d’une « chasse à l’homme » présentée comme un « jeu » destiné à endurcir les plus jeunes. Suite à une hémorragie intra-orbitaire diagnostiquée cinq jours après les faits, le jeune souffre d’une cécité totale, selon les médecins.

Il est resté immobile sur son banc, aux côtés de sa mère, après le verdict, tandis que des cris et des larmes ont retenti lors de la sortie des accusés. Au cours des cinq jours d’audience, plusieurs témoins, camarades de la victime et accusés, sont restés évasifs sur les faits et silencieux sur les participants au « jeu ».

Les enquêteurs n’ont jamais retrouvé une vidéo de la scène, qui avait circulé sur Snapchat, entraînant l’acquittement d’un cinquième jeune homme, jugé pour « complicité ». Les avocats de la défense ont souligné les « lacunes » de l’enquête et la prise en charge hospitalière jugée « mauvaise » et « tardive » de la victime, qui souffre également d’une maladie rare affectant sa coagulation sanguine.

Selon une expertise médico-légale, seuls des « coups directs » portés « localement », aux yeux et au front, peuvent provoquer ce type d’hémorragie, extrêmement « rare » et se développant « à bas bruit ». L’avocate générale, qui avait requis huit à dix ans de réclusion, a décrit ce dossier comme un symbole de « la violence ordinaire ».

La victime, qui a mis plusieurs mois avant de désigner ses agresseurs, a exprimé son regret : « Je regrette de les avoir aimés ». Vendredi matin, les quatre principaux accusés ont présenté leurs « excuses » à la victime et à sa famille, l’un d’eux affirmant que ce qui s’était passé n’était « pas dans (leur) intention ».

Source : 20 Minutes.

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