Le président de la Fifa Gianni Infantino au Monterry Stadium lors de la Coupe du Monde de football à Guadalupe, au Mexique, le 29 juin 2926. CARL RECINE / GETTY IMAGES VIA AFP
Cerné par les critiques, le président de la Fifa, Gianni Infantino, a renoncé ce samedi 1er août à son projet d’ouverture de l’association à des investisseurs privés, suscitant des craintes de marchandisation du football et des soupçons de conflit d’intérêts.
« Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions […] qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial », a déclaré Gianni Infantino dans un communiqué, ajoutant qu’il était fragilisé par la récente démission de son conseiller principal, Carlos Cordeiro.
« Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue », a-t-il affirmé.
Présenté à la surprise générale, le plan de la Fifa visait à porter à dix milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années, mais a été vivement critiqué.
Gianni Infantino souhaitait créer une société, la Fifa Forward Entreprise (FFE), ouverte aux investisseurs privés, chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l’instance. De nombreuses voix s’élevaient contre une éventuelle dénaturation des compétitions.
Levée de boucliers des confédérations
« Nous nous réjouissons du fait que l’unité de toutes les confédérations et fédérations ait été privilégiée dans l’intérêt du football », a réagi la Fédération de football mexicaine sur X, prenant acte du retrait.
L’UEFA, qui regroupe 55 fédérations européennes, a menacé de ne pas participer aux prochaines compétitions de la Fifa, y compris le Mondial, si le projet n’était pas abandonné.
La Concacaf, représentant 41 fédérations d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, et l’AFC, confédération asiatique, ont également rejeté la proposition.
Les confédérations africaine et océanienne ont adopté une position plus mesurée, tandis que la Conmebol sud-américaine a demandé des précisions, soulignant la nécessité de placer le football au-dessus de tout autre intérêt.
« Si l’on vend les joyaux du football à des investisseurs privés, on vend également une partie de ce sport – et surtout son âme », a commenté l’ancien président de la Fifa, Sepp Blatter.
« Gouvernance par la peur »
La Fifa projetait de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars en cédant des parts de la FFE à des investisseurs privés, qui auraient été minoritaires à hauteur de 20 %. Parmi les investisseurs potentiels, le fonds Thrive Eternal, fondé par Joshua Kushner, a été cité.
Si le projet avait été mis en œuvre, chaque fédération membre de la Fifa aurait pu recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027.
« C’est une forme de chantage », a déclaré la présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness.
Gianni Infantino considérait le projet comme une « occasion en or de dynamiser le développement du sport à l’échelle mondiale ».
La Fifa avait fixé le 19 septembre comme date limite pour que ses membres se prononcent sur la proposition, ce qui a été dénoncé par l’UEFA comme un « ultimatum ».
Ce calendrier serré coïncide avec les élections à venir pour Gianni Infantino, candidat à sa réélection en mars 2027.


