Ghana : Pourquoi aucune loi ne protège les femmes accusées de sorcellerie ?
Six ans après le meurtre d’Akua Denteh, 90 ans, lynchée dans le nord du Ghana après avoir été désignée comme « sorcière », Amnesty International souligne l’absence de loi spécifique protégeant les femmes accusées de sorcellerie. Malgré des condamnations judiciaires et plusieurs promesses politiques, le projet de loi visant à criminaliser les accusations de sorcellerie reste bloqué entre le Parlement, l’exécutif et des consultations interminables avec les autorités traditionnelles.
Les accusations de sorcellerie continuent de provoquer des violences graves dans le pays, souvent dirigées contre les femmes, en particulier celles âgées ou vulnérables. En raison de croyances culturelles profondément ancrées, ces femmes sont souvent ostracisées, agressées, voire tuées, sans protection légale. Le cas d’Akua Denteh a mis en lumière cette tragédie, mais les mes concrètes pour y remédier restent insuffisantes.
Le projet de loi, qui aurait dû offrir une protection légale, fait face à des obstacles politiques et sociaux. Les discussions avec les chefs traditionnels, qui jouent un rôle crucial dans la vie communautaire, compliquent davantage l’adoption de cette législation. En conséquence, les femmes accusées de sorcellerie continuent de vivre dans la peur, sans recours légal.
Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains appellent à une action immédiate pour protéger ces femmes vulnérables. L’absence de loi spécifique témoigne d’un manque d’engagement gouvernemental à traiter ce problème de manière systémique, ce qui laisse la porte ouverte à d’autres actes de violence.
La situation des femmes accusées de sorcellerie au Ghana reste donc préoccupante, et la nécessité d’une intervention législative est plus urgente que jamais.
Source : Amnesty International


