Mis en cause par des syndicats, Gérald Darmanin publie le contenu de son courrier sur les défaillances des enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a récemment fait l’objet de critiques de la part de syndicats après la publication par Le Monde d’un document soulignant les défaillances dans le traitement des dossiers de violences sexuelles faites aux enfants. Justine Probst, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, a déclaré qu’il semblait que le ministre « découvrait l’état des services de police et de gendarmerie ».
Dans un message posté sur X le 9 août, Darmanin a tenté de répondre aux critiques, notamment celles du syndicat des commissaires de la Police nationale, qui a exprimé un « sentiment de trahison » face à ce courrier. Le ministre a souligné l’importance de l’engagement des enquêteurs et des magistrats dans le traitement de ces dossiers sensibles et a reconnu les difficultés rencontrées par les services d’enquête dans un contexte de tensions et de retard dans la numérisation de la justice.
Le document, adressé à son collègue de l’Intérieur Laurent Nuñez, fait état de « dysfonctionnements d’ordre structurel » liés aux moyens, à la formation et aux outils disponibles, mais n’attribue pas ces problèmes à la volonté des personnels de terrain. Il mentionne également un « stock fantôme » de dossiers non répertoriés par la justice.
Darmanin a insisté sur le fait que son objectif était d’améliorer le travail collectif entre magistrats et enquêteurs. Il a défendu son bilan au ministère de l’Intérieur, affirmant avoir créé plus de 8 000 postes pour la police et la gendarmerie et avoir accordé des moyens significatifs à la protection des mineurs.
L’Association nationale de la police judiciaire a réagi en affirmant que Gérald Darmanin « torpille » son propre bilan de ministre de l’Intérieur, soulignant ainsi les tensions persistantes au sein des institutions judiciaires.
Source : Le Monde, Franceinfo



