Gendarmerie et Linux : le choix stratégique de la maîtrise interne

Gendarmerie et Linux : le choix stratégique de la maîtrise interne

Le général Marc Boget, lors de son audition, a affirmé que la Gendarmerie nationale ne délègue pas le pilotage de ses outils numériques. Il précise que, bien que des prestataires externes puissent être sollicités, le contrôle de ces systèmes reste entre les mains des experts internes.

La Gendarmerie ne possède plus de serveurs Windows, avec seulement 1 054 postes sur 80 000 encore sous ce système, principalement pour des raisons d’interopérabilité avec des partenaires externes. Cette transition vers des solutions open source a permis à l’institution d’échapper à la dépendance vis-à-vis de grands éditeurs comme Microsoft.

Selon les estimations de la Gendarmerie, l’institution aurait évité 534 millions d’euros de dépenses depuis 2004. Ce chiffre, bien que non certifié par une commission, inclut les économies réalisées sur les licences et la maintenance. Cela souligne l’importance d’un contrôle direct sur les systèmes informatiques, permettant des choix de fournisseurs flexibles et des coûts maîtrisés.

L’Agence du numérique des forces de sécurité intérieure privilégie une main-d’œuvre interne, limitant l’externalisation. Cette stratégie favorise la continuité des compétences et une compréhension approfondie des technologies utilisées. Le général Boget a mentionné l’envoi d’officiers se former aux technologies quantiques pour anticiper les évolutions futures, soulignant que la compétence interne est un atout contre la dépendance.

Cette capacité à changer de fournisseur sans perdre la mémoire institutionnelle est essentielle. La Gendarmerie peut intégrer des solutions propriétaires tout en conservant une architecture qu’elle maîtrise. L’utilisation de logiciels open source est perçue comme un outil de souveraineté, plutôt qu’une idéologie.

Concernant les données sensibles, le général Boget a précisé que la Gendarmerie ne recourt pas à des solutions cloud commerciales, même celles qualifiées SecNumCloud. Il préfère garder ces données au sein des centres de la Gendarmerie, minimisant ainsi les vulnérabilités potentielles.

Cette approche continue, maintenue pendant plus de vingt ans, est considérée comme un avantage organisationnel rare. Les administrations souhaitant reproduire ce modèle doivent investir dans la reconstitution de compétences internes et accepter une période de transition avant de constater les bénéfices.

Sources principales : Audition Général Marc Boget · Rapport Latombe, tome I

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