L’addition des approximations et des ellipses ne fait pas une vérité : Gallimard répond point par point aux accusations de Boualem Sansal

L’écrivain Boualem Sansal a récemment critiqué son ancien éditeur, les Éditions Gallimard, dans les médias et dans son dernier livre, La Légende, qui traite de sa détention en Algérie et a été publié chez Grasset.

Dans un communiqué envoyé à l’AFP le 11 juin 2026, Gallimard a rejeté les accusations de Sansal, affirmant qu’aucune « cabale » n’était orchestrée contre lui. L’éditeur a précisé que Sansal « prête aux Éditions Gallimard un rôle qu’elles n’ont jamais joué durant son incarcération et après sa libération ».

Sansal, âgé de 81 ans, a accusé Gallimard de l’avoir « mis à la rue » et de l’avoir traité comme un « SDF » après son arrivée à Paris, où il a été hébergé pendant trois mois. Il a exprimé sa déception envers ceux qui l’ont soutenu auparavant, déclarant : « Ceux qui m’aimaient, m’admiraient et me flattaient ont été les premiers à me cracher dessus. »

Dans son communiqué, Gallimard a affirmé avoir pris soin de la situation financière et matérielle de Sansal dès son retour à Paris, en le logeant et en facilitant la réouverture de son compte bancaire, obtenue le 5 décembre 2025. L’éditeur a également souligné que, lors de son départ de l’appartement des Éditions Gallimard le 3 mars, Sansal n’était ni « SDF » ni « sans le sou », disposant de sommes générées par les ventes de ses livres.

Sansal a justifié son départ de Gallimard par des raisons financières, affirmant que Grasset lui avait proposé un à-valoir d’un million d’euros pour son livre, alors que Gallimard n’en offrait que 100 000 euros. Il a également critiqué la stratégie de Gallimard pendant son incarcération, l’accusant de privilégier une approche diplomatique.

Gallimard a répondu que Sansal avait fait ses choix politiques et éditoriaux, et qu’il ne pouvait pas en attribuer la responsabilité à son ancien éditeur. L’éditeur a conclu que « l’addition des approximations et des ellipses ne fait pas une vérité », mais contribue à édifier une légende autour de l’écrivain.

Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison, a été libéré en novembre 2025 après une grâce présidentielle. Gallimard a exprimé sa tristesse face aux accusations de Sansal, tout en soulignant la valeur de son engagement contre l’islamisme et l’universalité de son œuvre.

Source : Franceinfo

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