G7 : de belles photos, mais aucune décision ?
Le G7, fondé en 1975 pour faire face au choc pétrolier, est aujourd’hui confronté à une remise en question de sa pertinence. Alors qu’il représentait 67 % du PIB mondial en 1992, ce chiffre est tombé à 44 % en 2023, face à l’émergence de puissances comme la Chine.
Cette réunion au sommet suscite des critiques parmi certains politiques français. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, déclare : « Le G7 représente 10 % de la population mondiale et aspire à gouverner le monde. Une diplomatie de club qui ne crée rien. »
Le premier sommet, tenu à Rambouillet sous l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing, réunissait les dirigeants des États-Unis, du Japon, de l’Allemagne de l’Ouest, du Royaume-Uni et de l’Italie, avec le Canada rejoignant le groupe l’année suivante. L’objectif initial était économique, visant à trouver des solutions communes à la crise post-choc pétrolier de 1973.
Pierre Grosser, historien et spécialiste des relations internationales, souligne que le G7 a joué un rôle clé dans la solidarité du camp occidental face à la crise. Les réunions des années 1985 et 1987 ont donné lieu à des accords monétaires pour stabiliser la monnaie américaine, contribuant à apaiser les marchés financiers.
Au fil des ans, les sujets abordés par le G7 se sont diversifiés, incluant des initiatives telles que la création d’un Fonds international de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose en 2001, et la promesse de doubler l’aide au développement pour l’Afrique. Cependant, l’influence du G7 a diminué, notamment lors de la crise financière de 2008, où le G20 a émergé comme une enceinte plus pertinente.
Aujourd’hui, le G7 est perçu comme un club de pays anciennement riches, qui, bien qu’ils puissent se coordonner, ne peuvent plus prétendre régler les affaires du monde. Sébastien Jean, professeur d’économie, note que le G7 est devenu une sous-partie de l’économie mondiale, perdant son poids face aux pays émergents.
Malgré tout, le G7 demeure un lieu de concertation et de coordination sur des enjeux politiques, financiers ou diplomatiques. Toutefois, il est de moins en moins influent qu’il ne l’était il y a cinq décennies.
Source : Franceinfo
