Fûts radioactifs dans l’Atlantique : ce que les images du sous-marin Nautile révèlent enfin
Le sous-marin Nautile a récemment plongé à près de cinq kilomètres de profondeur dans l’Atlantique, révélant des fûts radioactifs immergés depuis des décennies. Ces images montrent des cylindres rouillés, témoins d’une pratique controversée qui a duré près de quarante ans.
Contexte factuel
Jusqu’en 1993, immerger des déchets radioactifs dans les eaux internationales était une solution privilégiée pour plusieurs pays dotés de la technologie nucléaire. Entre 1946 et 1990, quatorze pays ont utilisé les océans comme décharge nucléaire, avec plus de 200 000 fûts immergés dans l’Atlantique Nord-Est. Ces fûts, scellés dans des matériaux tels que le bitume ou le ciment, ont été laissés à plus de 4 000 mètres de profondeur, loin des côtes françaises. Après avoir signé des traités d’interdiction, les nations ont détourné le regard, laissant ces déchets à l’abandon pendant près de quarante ans.
Données ou statistiques
La mission NODSSUM, lancée en 2025 par le CNRS, l’Ifremer et l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, a pour objectif de retrouver et analyser ces fûts. Lors de sa première campagne en été 2025, 3 355 fûts ont été localisés sur une zone de seulement 163 kilomètres carrés. La seconde campagne, réalisée entre mai et juin 2026 avec le Nautile, a permis de réaliser des prélèvements d’eau, de sédiments et de faune.
Conséquence directe
Les images du Nautile montrent de nombreux fûts éventrés, laissant échapper leur contenu dans l’environnement. Bien que la radioactivité globale mesurée dans la zone reste faible, des niveaux supérieurs aux valeurs attendues ont été relevés près de certains fûts, confirmant une fuite active et localisée. Les scientifiques doivent désormais étudier comment ces radionucléides se diffusent dans l’eau et affectent les écosystèmes marins.
Sources : Les Numériques.


