La fusion de Belfius et Ethias impossible ? Le MR ne compte pas lâcher le morceau
Jan Jambon, ministre des Finances, a déclaré qu’il serait « juridiquement difficile et très discutable » de fusionner Belfius et Ethias avant la vente de 20 % de la banque publique.
Il a précisé qu’aucune fusion entre Belfius et Ethias n’aura lieu avant la vente partielle de cette dernière, propriété de l’État belge. Lors d’une commission à la Chambre, Jambon a expliqué que le gouvernement avait décidé de céder 20 % de Belfius. Le Mouvement Réformateur (MR) souhaite, en revanche, fusionner cette banque avec Ethias, un autre groupe public. Pour analyser ce projet, la Société fédérale de participation et d’investissements (SFPI) a mandaté un expert, qui a conclu qu’ouvrir un tel chantier à ce stade n’est pas opportun.
Avec le processus de privatisation partielle en cours, le ministre a souligné qu’il serait « juridiquement difficile et très discutable » de mener à bien une fusion sans un processus de vente ouvert et transparent, ce qui empêcherait une due diligence adéquate. Il a insisté sur le fait que les processus de fusion et de vente ne peuvent pas se dérouler simultanément, affirmant que la privatisation de Belfius sans l’intégration d’Ethias est dans l’intérêt de l’État et des deux entreprises.
Le ministre a également annoncé qu’il prendra contact avec les Régions flamande et wallonne, également actionnaires d’Ethias, pour discuter de l’avenir de la filiale informatique Keyes.
Le MR semble isolé dans son projet, n’ayant pas reçu le soutien des autres partis de la majorité. Jan Bertels (Vooruit) a confirmé que les deux processus ne devraient pas se dérouler ensemble, tandis que Frédéric Daerden (PS) a exprimé son inquiétude concernant la privatisation d’une banque sauvée grâce à des fonds publics.
Maxime Prévot, vice-Premier ministre, a également mis en garde contre l’ouverture d’un chantier de fusion à ce stade, indiquant que cela comporterait des risques pour le prix et la crédibilité de l’opération. Il a souligné l’importance d’écouter ceux qui connaissent le dossier et de respecter les Régions actionnaires.
Malgré ces obstacles, le MR n’a pas abandonné son projet de fusion. Georges-Louis Bouchez, président des libéraux, a affirmé que cette fusion est indispensable pour l’économie belge et que la privatisation de Belfius ne pourra avancer sans garanties claires sur la fusion. Il a annoncé que le dossier serait de nouveau abordé à la rentrée.
Le rapport commandé par la SFPIM sera mis à la disposition du Parlement, mais il sera probablement consultable uniquement dans une « reading room » en raison de la confidentialité de certains éléments, une restriction critiquée par les écologistes.
Source : Belga
