Fusillade dans Côte-des-Neiges | L’arme à feu du tireur n’est pas prohibée

Fusillade dans Côte-des-Neiges : L’arme à feu du tireur n’est pas prohibée

L’arme à feu utilisée par le tireur est vraisemblablement une Simonov SKS, une carabine semi-automatique russe, extrêmement répandue au Canada depuis l’effondrement du bloc soviétique. Le gouvernement canadien hésite à prohiber cette arme, même si elle est conçue pour le champ de bataille.

Pour le moment, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme uniquement que le tireur avait une « arme longue ». Des photos de l’arme, qui se trouve au sol après la fusillade, montrent plusieurs caractéristiques de la SKS, dont sa baïonnette, sa culasse en acier gris et son chargeur non amovible d’ancienne génération en position ouverte.

Son mécanisme de recharge d’ancienne génération pourrait avoir ralenti le tireur montréalais dans son action. Des images diffusées sur les réseaux sociaux semblent le montrer en train de recharger avec difficulté son arme par le dessus avec une « lame-chargeur » (stripper clip), une méthode relativement lente qui était la norme avec les armes de guerre des années 1940, mais qui a été surpassée par les chargeurs amovibles des AK-47, notamment.

La SKS a déjà été utilisée dans plusieurs tueries au Canada, dont une qui a coûté la vie à deux policiers et deux civils en août 2018, à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. C’est aussi l’arme qu’avait Ryan Wesley Routh lors de sa tentative d’assassinat sur Donald Trump au club de golf de West Palm Beach, en septembre 2024.

La SKS tire les mêmes munitions militaires de 7,62 x 39 mm que l’AK-47 russe, mais n’a pas sa cadence de tir automatique. « C’est une arme à feu très, très, très répandue au Canada, au point où le gouvernement n’a aucune idée combien il y en a en circulation et ne pourra probablement jamais le savoir », affirme la directrice québécoise de la Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu (CCDAF), Sophie Béland.

Classée comme une arme à feu non restreinte, la SKS peut être achetée par tout titulaire d’un permis de possession et d’acquisition. En 2018, un reportage de La Presse indiquait qu’une SKS avait été acquise pour 239 $ dans une boutique de la région montréalaise. En 2023, une autre avait été achetée à un particulier sur Facebook Marketplace, assurant qu’elle n’était pas enregistrée dans le registre québécois des armes d’épaule. Leur prix légal atteint aujourd’hui autour de 800 $.

« Très populaire »

« C’est une arme qui n’est pas particulièrement précise, mais qui est très populaire parce que les Russes s’en sont départis massivement. Tous les pays du bloc communiste en ont fabriqué », résume Steve Buddo, un tireur sportif de longue date qui connaît bien la SKS. Entre 1949 et 1955, les armureries russes en ont produit au-delà de 2,5 millions, dont beaucoup ont été exportées en Occident dans les années 1990.

L’organisme Poly se souvient milite depuis des années pour que les SKS soient considérées par Ottawa comme des « armes à feu de type arme d’assaut » et prohibées, au même titre que les AR-15 et d’autres modèles apparentés. En 2025, un comité consultatif d’experts sur les armes à feu a exprimé des réserves quant à l’interdiction de ce modèle, en raison de son adoption par de nombreux chasseurs autochtones.

La CCDAF appelle à la retenue avant de tirer des conclusions sur la SKS. « Une arme, ça reste une arme. Le suspect avait-il un permis de possession et d’acquisition ? Avait-il des problèmes de santé mentale ? On n’en sait rien », affirme Sophie Béland. « On n’a pas l’intention de faire de la politique ou du lobbying par rapport à ça. Pour nous, c’est un événement isolé, qui n’est heureusement pas aussi fréquent que ce qu’on voit aux États-Unis. Peu importe l’arme utilisée, cela demeure un geste qu’on ne cautionnera jamais. »

Source : La Presse

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