Fuite d’air dans l’ISS : la Russie va sceller un compartiment défectueux
Les défis rencontrés par l’ISS (Station spatiale internationale) continuent de croître, notamment sur le segment russe, où une fuite d’air persistante dans le module Zvezda a conduit les ingénieurs à prendre une décision radicale. Après plusieurs années de tentatives infructueuses pour colmater la brèche, les autorités russes ont décidé de muraille définitivement le compartiment défectueux.
7 ans de fuite dans le module Zvezda
La première alerte concernant une perte d’air a été signalée à l’automne 2019, lorsque Roscosmos a détecté une fuite dans le PrK, le tunnel reliant un port d’amarrage au reste du segment russe. Depuis, les cosmonautes ont multiplié les interventions, utilisant mastics et rustines, sans réussir à stopper les microfiss. La situation s’est détériorée, avec un débit de fuite passant d’environ 450 grammes à plus de 900 grammes d’air perdus chaque jour, équivalant au poids d’une grande bouteille d’eau.
En 2024, la NASA a élevé l’incident à son plus haut niveau de risque, limitant l’accès au compartiment. Bien qu’un répit ait semblé se dessiner en 2025 avec des signaux de pression positifs, la situation a de nouveau empiré le 1er mai 2026.
Une scie, puis l’ordre de se réfugier dans le Dragon
Pour tenter de réparer la fis, les ingénieurs russes avaient envisagé de découper un support porteur du tunnel, une manœuvre à laquelle la NASA s’est opposée, craignant de fragiliser la structure. Le 5 juin 2026, pour des raisons de sécurité, cinq des sept occupants de l’ISS ont été évacués vers le vaisseau Crew Dragon, transformé en canot de sauvetage pour la durée de l’opération.
Murer le compartiment plutôt que le réparer
Finalement, Moscou a opté pour la solution la plus définitive : abandonner le PrK. La trappe séparant ce compartiment du reste du segment russe sera scellée, réduisant ainsi les pertes d’air. Cependant, cette décision implique que les cosmonautes perdront l’accès à ce vestibule et devront rediriger les cargos Progress et Soyouz vers d’autres points d’accostage, compliquant ainsi la logistique du segment russe.
Bien que cette me éloigne le risque d’une dépressurisation brutale, elle entraîne la perte d’un point d’amarrage pour la flotte russe. L’ISS, dont le retrait de l’orbite est prévu autour de 2030, continue de faire face à des défis majeurs.
Source : Roscosmos, NASA
