On n’a rien à gérer d’autre que les bons moments : Fratries, la colocation qui rend le handicap ordinaire
Rennes, un mardi de mai ensoleillé. Derrière une façade en schiste et granite aux volets verts, rien ne distingue cette bâtisse des immeubles voisins du centre-ville. Treize personnes y partagent leur quotidien dans une configuration encore peu répandue en France : une colocation mêlant jeunes actifs et personnes en situation de handicap mental, vivant ensemble sans lien de responsabilité entre eux.
Ce modèle de colocation vise à favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap dans la société, en leur offrant un cadre de vie ordinaire et convivial. Les résidents partagent les espaces communs, comme la cuisine et le salon, tout en ayant leurs chambres individuelles. Cette approche permet de briser les barrières et de promouvoir des interactions naturelles entre les différents occupants.
En France, selon l’INSEE, environ 2,7 millions de personnes vivent avec un handicap, représentant 4,5 % de la population totale. Toutefois, les initiatives comme celle-ci restent relativement rares. L’inclusion des personnes en situation de handicap dans des environnements de vie partagés avec des jeunes actifs peut contribuer à réduire les préjugés et à renforcer le tissu social.
Cette colocation à Rennes s’inscrit dans une tendance plus large visant à rendre le handicap visible et ordinaire, en intégrant les personnes concernées dans des modes de vie communs. Les résidents soulignent que cette expérience leur permet de vivre des moments de partage et de convivialité, les aidant ainsi à s’épanouir au quotidien.
La mise en place de tels projets pourrait avoir des répercussions significatives sur la perception du handicap dans la société française, en favorisant une meilleure compréhension et acceptation des différences.
Source : INSEE