Quand on parle d’entrepreneuriat en France, on évoque souvent la création d’entreprises, notamment à travers des start-ups ou des projets innovants. Cependant, un autre aspect crucial mérite d’être mis en lumière : la transmission d’entreprises. Ce phénomène est en train de devenir un véritable défi économique pour la décennie à venir.
Le vrai sujet entrepreneurial de la décennie
Des entreprises rentables et bien ancrées dans leurs territoires risquent de disparaître faute de repreneurs. Cette situation n’est pas due à une absence de valeur, mais à un processus de transmission souvent perçu comme complexe. Les obstacles incluent des démarches administratives longues, une réticence des banques à financer, une asymétrie d’information entre cédants et repreneurs, ainsi qu’un manque d’accompagnement. En conséquence, ces entreprises sous-investissent durant la période de transition, vieillissent et, au moment de la vente, les candidats se font rares.
Ce constat n’est pas inéluctable ; il appelle à une organisation collective pour mieux encadrer la transmission.
Reprendre plutôt que créer : changer de regard
Il est essentiel de ne pas opposer reprise et création, car les deux approches sont valables. La création d’une entreprise part d’une page blanche, tandis que la reprise implique de prendre en main une structure existante, avec une clientèle établie et un savoir-faire éprouvé. Bien que la reprise puisse représenter un coût initial plus élevé, les statistiques révèlent que le taux de viabilité des entreprises reprises à trois ans dépasse 85 %, contre 81 % pour les nouvelles créations.
Pourtant, de nombreux candidats à l’entrepreneuriat n’envisagent pas la reprise, souvent découragés par la complexité du processus. La question n’est pas de savoir s’il existe des repreneurs, mais de les identifier, les former et les accompagner.
La franchise : un tremplin pour les repreneurs
Le modèle de la franchise peut jouer un rôle déterminant dans ce contexte. Il permet d’entreprendre de manière structurée, en offrant un concept éprouvé, des outils opérationnels, une formation continue et un réseau de soutien. Ce modèle est particulièrement adapté aux personnes sans expérience entrepreneuriale, mais qui possèdent l’énergie et le sens du commerce. Il ne s’agit pas d’une béquille, mais d’un tremplin pour une transmission réussie.
Former, accompagner, transmettre : une responsabilité collective
Dans le réseau que j’ai l’honneur de présider, nous avons intégré la formation continue dans notre modèle économique, de manière illimitée pour les franchisés et leurs collaborateurs. Cette approche a conduit à une réduction du turnover, à une amélioration des performances et à une meilleure qualité de service.
Investir dans la formation est essentiel pour asr la pérennité des entreprises. Cela constitue également une responsabilité partagée entre les franchiseurs, les réseaux, les fédérations professionnelles et les pouvoirs publics. Des initiatives comme celles annoncées par Bercy, incluant des garanties financières et des plateformes de mise en relation, sont des pas dans la bonne direction. Toutefois, ces outils ne seront efficaces que si la culture de la reprise est valorisée, ce qui reste à construire en France.
500 000 entreprises : c’est maintenant !
Le temps est un facteur critique. Chaque mois sans repreneur est synonyme de perte de valeur pour une entreprise, pouvant mener à sa fermeture. Cela entraîne la disparition de commerces de proximité, l’extinction de savoir-faire et la perte d’emplois.
La franchise représente une réponse tangible et immédiate à ce défi. Bien qu’elle ne soit pas la seule solution, elle est l’une des plus robustes, apportant structure et soutien au processus de reprise. Elle transforme l’isolement du repreneur en un sentiment d’appartenance à un collectif.
« Se réunir est un début. Rester ensemble est un progrès ». Transmettre ensemble est la clé du succès.
Stéphane Fritz, Président de Guy Hoquet l’Immobilier, administrateur à la Fédération Française de la Franchise
