Ceuta : Face à l’arrivée massive de migrants, la France renforce ses contrôles à la frontière avec l’Espagne
Des milliers de personnes ont afflué vers l’enclave espagnole de Ceuta, située au nord du Maroc, ces derniers jours. En réponse à cette situation, le président Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Ce dernier a activé la « Force Frontière d’intervention rapide » pour effectuer des « contrôles en profondeur ».
Selon les autorités espagnoles, environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta récemment, avec des arrivées qui se poursuivent, principalement composées de jeunes hommes et adolescents. Au moins 34 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la mer, a rapporté le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a qualifié cette situation d’ »attaque » contre l’intégrité territoriale de l’Espagne, et l’armée a été déployée pour rétablir l’ordre. Plus de 37 500 migrants ont déjà été renvoyés vers le Maroc.
Emmanuel Macron a également manifesté la volonté de la France d’apporter « tout l’appui nécessaire » aux autorités espagnoles, notamment via l’agence Frontex, chargée du contrôle des frontières de l’Union européenne. Laurent Nuñez a précisé avoir donné des instructions pour renforcer immédiatement les contrôles à la frontière.
La situation a suscité des réactions au sein de la classe politique française. Bruno Retailleau, ancien ministre et président des Républicains, a critiqué la régularisation de migrants par le gouvernement espagnol, la qualifiant de « création d’un appel d’air ». Il a proposé de « mettre l’Espagne au ban des nations européennes » et de suspendre la libre circulation au sein de l’Union européenne. D’autres figures politiques, comme Marine Le Pen et Édouard Philippe, ont également exprimé des préoccupations similaires.
Les leaders de la gauche, quant à eux, ont dénoncé une « instrumentalisation » de la crise par la droite. Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a jugé les accusations contre le plan de régularisation du gouvernement espagnol comme des mensonges, appelant plutôt à une coordination européenne pour l’aide humanitaire.
Le Premier ministre espagnol a attribué cette crise à une interprétation erronée par des réseaux criminels d’une décision de justice récente concernant la reconduite des migrants. Selon lui, cette interprétation s’est répandue rapidement, incitant davantage de personnes à tenter la traversée.
Source : LCP


