Paris, première ville d’Europe pour l’emploi dans l’IA
Selon une étude de LinkedIn, l’intelligence artificielle (IA) ne détruit pas massivement les emplois en France, mais en crée considérablement. Près de 20 000 postes liés à l’IA ont été générés à Paris entre 2023 et 2025. Ce développement s’accompagne de transformations dans les métiers, grâce à d’importants investissements publics et privés, positionnant la France comme l’un des principaux pôles européens de l’intelligence artificielle.
Malgré un ralentissement général de l’emploi en Europe, l’IA se distingue par une croissance notable. Alors que les embauches dans l’Union européenne restent inférieures d’environ 26 % par rapport à leur niveau d’avant la pandémie, et reculent de 15 % sur un an, plus de 256 000 emplois liés à l’IA ont été créés dans l’UE depuis 2023.
La France se démarque particulièrement, avec près de 20 000 nouveaux emplois liés à l’IA à Paris, surpassant des villes comme Dublin, Munich, Milan ou Madrid. Cette performance est attribuée à un écosystème de recherche solide, des écoles d’ingénieurs reconnues, un tissu de startups en pleine expansion, et l’émergence de champions comme Mistral.
La stratégie nationale pour l’IA, initiée dès 2018 avec un budget initial de 1,5 milliard d’euros, a été renforcée par des investissements supplémentaires dans le cadre du plan France 2030, qui mobilise 54 milliards d’euros pour soutenir les technologies stratégiques et l’innovation.
Investissements records
Lors du Sommet pour l’action sur l’IA en février 2025, Emmanuel Macron a annoncé plus de 109 milliards d’euros d’investissements dans les infrastructures et projets liés à l’IA en France. De plus, un investissement record de 75 milliards d’euros a été annoncé par le japonais SoftBank pour des infrastructures liées à l’IA.
Cette dynamique se manifeste également à Toulouse, Grenoble et Rennes, où se développent des centres de recherche et des startups. Grenoble présente la plus forte concentration de spécialistes de l’IA en France, suivie par Toulouse et Paris. La géographie des compétences en IA reflète les spécialités industrielles de chaque région, notamment l’électronique à Grenoble et l’aéronautique à Toulouse.
Pas de destructions massives
À Toulouse, la part des offres d’emploi demandant des compétences en ingénierie IA a augmenté de 67 % en un an, illustrant la demande croissante dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense. Les emplois liés à l’IA sont souvent de haut niveau, avec une demande accrue pour des ingénieurs, data scientists et spécialistes du machine learning.
Malgré ces évolutions, l’IA ne semble pas entraîner de destruction massive d’emplois. Les métiers les plus exposés, tels que les chargés de clientèle et les traducteurs, ne connaissent pas de chute significative des recrutements. En revanche, les emplois « augmentés », combinant expertise humaine et outils d’IA, continuent de résister, montrant que l’IA transforme les métiers sans les remplacer.
Source : LinkedIn, BFM Business
