En Afrique, la rentrée scolaire agite les parents face à des frais jugés trop élevés
Publié le : 03/09/2026 – 11:36
La rentrée des classes est marquée par une forte inquiétude parmi les parents d’élèves dans plusieurs pays d’Afrique, notamment au Cameroun, au Maroc et à Madagascar. Les prix des fournitures scolaires et des frais de scolarité sont perçus comme prohibitifs, suscitant une grogne croissante.
Selon l’Institut national de la statistique camerounais, les dépenses annuelles moyennes pour l’éducation s’élèvent à environ 75 000 francs CFA (114 euros) par enfant. Simon Kaldjob, président d’un collectif d’associations de consommateurs au Cameroun, critique ces chiffres, les qualifiant de loin de la réalité. Il déclare que les frais de scolarité dans les collèges privés varient de 125 000 à 300 000 francs CFA (190 à 457 euros), tandis que l’accès aux lycées publics, bien que théoriquement gratuit, nécessite souvent des paiements corrompus de 50 000 à 100 000 francs CFA (76 à 152 euros). Pour de nombreux parents, asr l’éducation de leurs enfants devient donc un défi majeur.
En 2024, l’Afrique a importé environ 360 000 tonnes d’articles de papeterie, pour une valeur estimée à 779 millions de dollars. Les cahiers d’exercices représentaient près de 48 % des volumes importés, avec le Nigeria en tête des pays importateurs. Le Cameroun, quant à lui, a importé près de 13 000 tonnes de fournitures scolaires, une situation qui contribue à l’augmentation des prix, exacerbée par la hausse des coûts de transport et des matières premières.
En Guinée, le coût des livres de programmes scolaires pose également problème. Mbany Sidibé, président de l’union des consommateurs, souligne que ces livres, censés être gratuits, sont souvent vendus illicitement, ce qui limite l’accès à l’éducation pour de nombreux enfants, notamment dans les zones rurales.
À Madagascar et au Maroc, des pénuries de manuels scolaires persistent, provoquant des inquiétudes similaires. L’Alliance des libraires au Maroc a alerté le gouvernement sur les ventes informelles de livres et de fournitures et a dénoncé les marges insuffisantes sur la vente des manuels.
La situation actuelle met en lumière les défis économiques auxquels sont confrontés les parents d’élèves en Afrique, rendant l’accès à une éducation de qualité de plus en plus difficile.
Source : RFI

