Massacre de Thiaroye : des fouilles pour rétablir la vérité
82 ans après les événements tragiques, l’État français est accusé de dissimuler la vérité sur le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye, au Sénégal, en 1944. Après avoir combattu durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs centaines de ces soldats, mobilisés sous le drapeau français, réclamaient le paiement de leurs soldes. En réponse, le commandement français a ouvert le feu à l’arme automatique, selon le média en ligne Lisbeth.
Cette situation a conduit des historiens et des descendants de victimes à poursuivre leurs recherches pour obtenir des réponses sur ce crime colonial. Birame Senghor, 88 ans, a récemment obtenu une décision de justice en mars 2026 condamnant l’État français pour entrave à ses recherches concernant son père, M’Bap Senghor, tué lors du massacre. Toutefois, de nombreuses archives restent inaccessibles ou secrètes, gardées par le ministère français des Armées. Les travaux d’historiens estiment les pertes humaines entre 300 et 400 tirailleurs, tandis que le discours officiel du gouvernement français ne mentionne que 70 morts.
Face à cette situation, le Sénégal a initié le 15 juin une seconde campagne de fouilles archéologiques au cimetière militaire de Thiaroye. Bien que 34 tirailleurs y soient officiellement enterrés, l’ancien ministre français des Armées, Jean-Yves Le Drian, a admis en 2021 l’existence de trois fosses communes où pourraient être enfouis les corps des soldats abattus. Lors des premières fouilles, il a été découvert des squelettes de tirailleurs sénégalais présentant des traces de torture d’une extrême violence.
Cette quête de vérité se poursuit, alors que la mémoire des tirailleurs sénégalais reste un sujet sensible et controversé.
Source : Lisbeth
