925 noyades en quelques semaines : pourquoi les fortes chaleurs rendent la baignade plus dangereuse
Se jeter à l’eau pour échapper à une chaleur étouffante peut sembler être le meilleur moyen de se rafraîchir. Cependant, les températures élevées entraînent également une augmentation des noyades. Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, Santé publique France a recensé 925 noyades dans l’Hexagone et les territoires ultramarins, contre 809 durant la même période en 2025. Parmi ces incidents, 274 ont entraîné un décès sur le lieu de l’accident.
La canicule pousse davantage de personnes vers l’eau
Le lien entre les fortes chaleurs et les noyades est particulièrement marqué, avec près de trois quarts des noyades et 79 % des décès survenus pendant des périodes de vigilance canicule. Ces épisodes ne représentaient pourtant que la moitié des jours étudiés. Au total, 675 noyades et 216 décès ont été enregistrés durant les trois périodes de canicule du début de l’été. Une hausse significative a été observée du 24 au 31 mai, avec 134 noyades, soit le double par rapport à l’année précédente, et le nombre de décès passant de 18 à 48.
Cette augmentation s’explique en grande partie par la précocité des fortes chaleurs. Mai 2026 a été le deuxième mois de mai le plus chaud observé en France depuis 1900. À cette période, certaines zones naturelles autorisées à la baignade n’étaient pas encore systématiquement surveillées.
Loin des plages, les baignades improvisées inquiètent
La plus forte augmentation des noyades (48 %) concerne les régions sans façade maritime, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté ou l’Île-de-France. Selon Santé publique France, cette situation est en partie due à la fréquentation de cours d’eau et de plans d’eau non aménagés ou interdits à la baignade. Les rivières, lacs, étangs et canaux peuvent cacher des courants, des variations de profondeur ou des obstacles invisibles, tandis que l’absence de surveillance retarde l’intervention des secours.
Les adultes représentent neuf décès sur dix
Contrairement aux idées reçues, les adultes sont les premières victimes des noyades, représentant 58 % des cas mais 87 % des décès. La baignade en eau profonde, l’isolement, un courant, une stimation de ses capacités ou un malaise lié à une maladie chronique peuvent rendre ces accidents plus graves. Les adolescents sont également très vulnérables : chez les 13-17 ans, une noyade sur trois a été mortelle, et parmi les mineurs décédés, 62 % des accidents ont eu lieu dans un cours d’eau ou un plan d’eau.
Ces chiffres soulignent que même une eau calme peut être dangereuse. Lorsqu’il fait très chaud, il est préférable de choisir un lieu autorisé et surveillé, de tenir compte de son état physique et d’éviter l’alcool avant d’entrer dans l’eau.
Source : Santé publique France


