Dans les Landes, il fait le pari d’une forêt sans coupe rase
Moustey (Landes), reportage
Dans la forêt du Caplane, à Moustey, dans les Landes, la gestion forestière d’Éric Castex se démarque par son approche non conventionnelle. Contrairement aux plantations uniformes typiques du massif landais, qui couvre environ 1 million d’hectares, ses 15 hectares présentent un écosystème où les pins maritimes cohabitent avec des chênes pédonculés et tauzins, créant un environnement diversifié.
Éric Castex, ancien bûcheron, a adopté les principes de la sylviculture mélangée à couvert continu (SMCC), promue par l’association Pro Silva. Cette méthode privilégie la régénération naturelle et l’interaction de plusieurs essences d’arbres, tout en évitant la coupe rase, une pratique jugée néfaste pour l’écosystème.
Au cœur de cette gestion, l’observation est primordiale. Castex encourage les propriétaires à prendre le temps d’évaluer leur parcelle avant d’agir. Il souligne l’importance de l’humidité du sol, même en période de chaleur, et rappelle que chaque élément de la forêt joue un rôle dans son équilibre.
Contexte factuel
La sylviculture conventionnelle repose souvent sur une coupe finale, suivie de replantations. En revanche, Castex mise sur des prélèvements réguliers, tous les cinq à huit ans, permettant de conserver le capital forestier tout en générant des revenus. Par exemple, il a extrait plus de 170 stères de pin maritime sur environ 3 hectares, tout en préservant l’intégrité de l’écosystème.
Données ou statistiques
En Europe, environ 22 à 30 % des forêts sont gérées en couvert continu, mais cette approche reste marginale. Les obstacles à son adoption incluent le manque de sensibilisation des propriétaires forestiers et des compétences limitées dans le secteur, selon une étude menée par des chercheurs (Mason, Diaci, Carvalho, Valkonen).
Conséquence directe
La méthode de Castex pourrait offrir une alternative durable face aux défis climatiques et aux incendies, qui touchent de plus en plus les forêts. En diversifiant les espèces et en préservant les sols, il cherche à créer un écosystème résilient capable de s’adapter aux conditions changeantes.
Source principale : Reporterre

