Ford rapatrie la production de Lincoln face aux droits de douane
Ford Motor Company a annoncé le rapatriement de la production de certains modèles de sa marque premium Lincoln aux États-Unis, à partir de 2030. Cette décision fait suite à l’application d’un tarif douanier de 52,5% sur le Lincoln Nautilus importé de Chine, rendant cette importation économiquement non viable.
Chaque Lincoln Nautilus importé depuis l’usine de Hangzhou, en partenariat avec Changan Automobile, supporte un surcoût de plus de 26 000 dollars, annihilant ainsi toute marge bénéficiaire. En 2025, Ford avait vendu 34 000 unités du Nautilus aux États-Unis. Avec le nouveau tarif, le constructeur aurait dû absorber ou répercuter environ 884 millions de dollars de taxes supplémentaires chaque année. Répercuter cette hausse aurait porté le prix du véhicule à plus de 76 000 dollars, ce qui aurait entraîné une chute des ventes. Absorber le coût aurait conduit à des pertes significatives pour chaque vente.
Le calendrier de rapatriement fixé à 2030 laisse à Ford le temps d’amortir les investissements nécessaires pour adapter ou construire des usines et former le personnel. Les économistes estiment ces coûts entre 500 millions et 1 milliard de dollars. Cependant, économiser 884 millions de dollars de taxes annuelles sur une décennie compense largement cet investissement.
En parallèle, la réglementation sur les véhicules connectés interdit certains équipements et technologies chinois, complexifiant davantage la situation de Ford. En juillet 2026, le Sénat américain a adopté une proposition interdisant aux entreprises détenues à plus de 15% par des entités chinoises de vendre des véhicules sur le marché américain, ajoutant une pression supplémentaire sur la production en Chine.
Ford n’est pas seul dans cette démarche : General Motors prévoit également de rapatrier la production du Buick Envision vers les États-Unis dès 2028, anticipant des volumes de vente plus élevés.
Cette tendance de rapatriement pourrait transformer la géographie manufacturière automobile aux États-Unis, avec la possibilité de créer de nouveaux emplois, bien que l’automatisation puisse limiter cet impact.
Source : BFM TV



