Quel avenir pour la Fonderie de Bretagne ?
La Fonderie de Bretagne, située à Caudan (56), a obtenu un nouveau sursis alors qu’elle traverse une période critique. Placée en redressement judiciaire il y a deux semaines, l’usine a eu un rendez-vous au tribunal de commerce de Lorient le 17 juillet. Au cours de cette audience à huis clos, la liquidation a été évitée grâce à des garanties financières permettant de maintenir l’activité jusqu’au 15 octobre, date limite de la période d’observation. Renault, ancien propriétaire de la Fonderie, a décidé de débloquer 4,5 millions d’euros sur les 25 millions provisionnés, alors que le tribunal avait initialement demandé de trouver 3 millions d’euros. Deux mois ont été accordés à l’entreprise pour trouver un repreneur, avec une date limite de dépôt des offres fixée au 11 septembre. « Le timing est très serré », a déclaré Maël Le Goff, secrétaire général CGT de la Fonderie.
Les 244 salariés de l’usine se disent « soulagés mais pas sereins », selon Éric Blanchier, salarié et élu CGT. La décision de Renault a été accueillie avec ironie, certains soulignant que cela ne coûtait rien au constructeur. La pression exercée par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, pour mobiliser Renault a sans doute joué un rôle dans cette décision.
Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a exprimé sa satisfaction quant au financement trouvé pour poursuivre le redressement judiciaire et a souligné l’importance de rechercher une solution pérenne pour préserver l’usine bretonne.
Cependant, la situation reste précaire. Aucun repreneur n’a encore été identifié, malgré quelques visites. Les représentants du personnel insistent sur la nécessité d’un « vrai projet, avec un repreneur industriel ». Maël Le Goff a ajouté : « À nous, salariés, de mettre la pression sur Bercy. Cela fait des années que l’on parle de souveraineté industrielle mais nous, c’est plutôt la misère industrielle que l’on vit ».
Dimitri Sonier, avocat d’Europlasma, a également exprimé sa préoccupation, affirmant que son groupe fera tout son possible pour faciliter une solution garantissant la pérennité de l’exploitation. L’activité de la Fonderie, qui a repris le 6 juillet, se poursuivra jusqu’à la fin de la semaine prochaine pour la finition, avant une fermeture pour congés. Une opération de maintenance sur les fours est prévue fin août, et trois semaines de travail sont programmées en septembre, avant un nouvel examen de la situation par le tribunal.
Source : Le Télégramme
