Firefly Aerospace testera un chauffage nucléaire pour la base lunaire de la NASA.

Firefly Aerospace va tester un

Firefly Aerospace va tester un système de chauffage nucléaire pour la future base lunaire de la NASA

Dans un avenir proche, la société Firefly Aerospace prévoit d’envoyer un système de chauffage nucléaire sur la Lune. Ce projet vise à surmonter les défis posés par les nuits lunaires, qui sont particulièrement longues et froides, mettant en péril l’intégrité des batteries et des composants électroniques alimentés par l’énergie solaire. La mini-unité thermique en question utilisera l’isotope radioactif américain, l’américium-241, reconnu pour sa longévité et ses coûts plus abordables.

Un système pour « survivre à la nuit »

La NASA développe actuellement le projet Moon Base, qui vise à établir une base permanente au pôle Sud de la Lune, remplaçant ainsi l’idée initiale d’une station orbitale, le Lunar Gateway. L’agence prévoit une installation humaine permanente dès la décennie 2030, mais elle doit encore relever de nombreux défis, notamment ceux liés à la nuit lunaire, qui dure environ 14 jours terrestres avec des températures pouvant descendre sous les -170 °C.

Ce froid extrême est particulièrement destructeur pour les batteries et les composants électroniques des engins qui dépendent exclusivement de panneaux solaires. En réponse à ce problème, Firefly Aerospace a annoncé un partenariat avec Zeno Power Systems. L’objectif est de concevoir un système de chauffage nucléaire baptisé « Survive-the-Night », qui devrait être envoyé sur la Lune en 2028 à bord de l’atterrisseur Blue Ghost.

Tyler Bernstein, PDG et cofondateur de Zeno Power Systems, a déclaré : « Un matériel capable de résister au froid extrême de la nuit lunaire sera essentiel pour permettre des opérations continues sur la Lune. »

Lors de son atterrissage, Blue Ghost exploitera ses charges utiles grâce à l’énergie solaire, notamment pour le programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) de la NASA. Une fois la nuit de 14 jours installée, le système Survive-the-Night prendra le relais pour maintenir au chaud les équipements vitaux de l’atterrisseur tout en transmettant des données télémétriques vers la Terre.

L’américium-241 plutôt que le plutonium-238

Le système intégrera un générateur de chaleur à radio-isotopes (RHU) de 5 watts fonctionnant avec de l’américium-241 (Am-241), un isotope radioactif issu du recyclage de combustibles nucléaires. Firefly Aerospace explique que la désintégration naturelle de cet isotope génère une chaleur continue, sans dépendre du Soleil. Ce choix marque une rupture stratégique, car le carburant traditionnel de la NASA était le plutonium-238 (Pu-238).

Bien que ces deux isotopes fonctionnent sur le même principe de production de chaleur par désintégration radioactive, ils répondent à des logiques industrielles et scientifiques différentes. Le Pu-238, utilisé pour des missions comme les sondes Voyager et le rover Perseverance, vise à fournir de la puissance, tandis que l’Am-241 est privilégié pour sa stabilité et sa longévité, avec une durée de vie dépassant 430 ans contre moins de 90 ans pour le Pu-238.

En outre, l’Am-241 est beaucoup moins coûteux, étant cinq fois moins cher que le Pu-238, ce qui est crucial étant donné que le Pu-238 nécessite des réacteurs nucléaires militaires spécifiques pour sa fabrication, dont la plupart ont été fermés après la Guerre froide.

Source : SciencePost

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