Des start-up de véhicules légers se tournent vers le financement participatif
Des concepteurs indépendants de mini-véhicules cherchent à financer leur fabrication en série. Face à des besoins d’investissement massifs, ces jeunes entreprises peinent à trouver des fonds industriels motivés, dans un contexte automobile en pleine recomposition.
« C’est trop tôt, revenez plus tard », « Vous visez trop petit », « Non, le marché n’est pas prêt ». Ces réactions, les entreprises en quête de fonds les ont entendues plus d’une fois de la part d’investisseurs qu’elles approchaient. Ainsi, malgré leurs tentatives répétées, Avatar et Midipile, toutes deux conceptrices de véhicules légers, électriques et éco-conçus, ne sont pas parvenues à convaincre un seul fonds industriel d’entrer à leur capital.
Cinq et six ans après leur création, les deux start-up, qui se rêvent constructeurs automobiles, disposent pourtant d’un fort soutien public et de commandes encourageantes. La première pour son quadricycle léger quatre places dédié au transport du quotidien, l’autre pour son micro-utilitaire à pédales tourné vers la logistique. Les deux partagent l’ambition de rationaliser la mobilité, de la décarboner et de la rendre plus accessible.
Cependant, l’automobile est un secteur exigeant et risqué, où les fonds industriels s’aventurent peu. « Ce sont des projets à haut capex [dépenses d’investissement, ndlr], où il va falloir des années pour homologuer et développer des lignes de fabrication, avec un risque fort et un retour sur investissement faible », déclare Benoit Trouvé, fondateur de Midipile et ancien ingénieur de Peugeot-Citroën. « Ces projets n’intéressent personne », ajoute-t-il, ou presque.
Pour sa deuxième levée de fonds, la start-up basée en Charente a choisi de faire appel aux particuliers. Elle compte lever au moins 1,5 million d’euros d’ici à la fin août auprès du collectif citoyen Team for the Planet, après un premier soutien reçu en 2024. L’entreprise se trouve à un moment charnière de la pré-industrialisation, entre la phase de prototypage bouclée et avant le lancement de la production en série. Une étape que peu de fonds veulent financer. Le financement participatif est ainsi perçu comme une solution pour combler le manque de financement.
Source : La Tribune



