Vers la fin des bus à hydrogène à Pau : « C’était un pari perdu d’avance »
La ville de Pau s’apprête à tourner la page des bus à hydrogène, un projet inauguré par Emmanuel Macron en 2020. Ce choix, initialement présenté comme une avancée vers une mobilité durable, se heurte aujourd’hui à de nombreuses difficultés.
Dans les faits, la mise en place de cette technologie a coûté 70 millions d’euros pour l’ensemble de la ligne, dont 15 millions d’euros de subventions. La maintenance des bus s’est révélée complexe depuis la faillite du constructeur, rendant leur entretien problématique. Par ailleurs, le fonctionnement erratique de la station de production d’hydrogène a contraint l’ancienne majorité à acheminer régulièrement le gaz par camions, compromettant ainsi le bilan carbone de cette énergie censée être propre.
Ces constats ont conduit Arnaud Jacottin, président du syndicat de transports de l’Agglo de Pau (Pau Béarn Pyrénées Mobilités), à annoncer l’abandon progressif de l’hydrogène au profit de bus électriques et hybrides. Contacté le 3 août, Jacottin a indiqué qu’une réunion se tiendrait à la rentrée pour détailler cette transition.
Deux bus sur 8 sont déjà sur le carreau
Jacottin a précisé que le prestataire responsable de la maintenance de la station d’hydrogène avait dénoncé son contrat, exigeant un tarif multiplié par trois ou quatre pour continuer ses services. Actuellement, deux des huit bus à hydrogène sont déjà inutilisables, et l’approvisionnement en pièces détachées se révèle presque impossible. L’un de ces bus pourrait même être utilisé comme source de pièces pour les autres.
André Duchateau, ancien premier adjoint à la mairie, a exprimé son scepticisme sur l’hydrogène. Il avait prédit une perte de 500 000 euros par an par rapport à un choix hybride, une estimation qui s’avère aujourd’hui largement sous-évaluée, avec des coûts approchant un million d’euros par an, incluant la maintenance, les assurances et l’électricité.
Beaucoup d’attente pour les bus électriques
Duchateau a déclaré : « C’était un pari perdu d’avance, dommage qu’il ait fallu attendre d’avoir l’échec sous les yeux pour le reconnaître. » Il a également souligné que la transition vers une flotte de bus électriques ne pourrait pas se faire rapidement, en raison de la forte demande et des délais de commande qui s’étendent sur plusieurs années.
La situation actuelle met en lumière les défis associés à l’implémentation de nouvelles technologies dans le secteur des transports, soulignant la nécessité d’une planification rigoureuse et d’une évaluation précise des coûts à long terme.
Source : Ici Béarn Bigorre.


