Fin de vie : « Nul ne devrait avoir à choisir entre souffrir et mourir »

Fin de vie : « Nul ne devrait avoir à choisir entre souffrir et mourir »

Le 15 juillet, une proposition de loi visant à modifier le code de la santé publique sera soumise aux députés français. Ce texte, qui permettrait à un soignant de provoquer délibérément la mort d’une personne à sa demande, suscite de vives inquiétudes.

Des professionnels du secteur de la santé et de l’accompagnement en fin de vie ont exprimé leur opposition à cette initiative. Ils soulignent que la légalisation de l’euthanasie pourrait transformer une exception en norme, préconisant plutôt un renforcement des soins palliatifs pour lutter contre la souffrance sans mettre fin à la vie.

Nombreuses zones d’ombre

Les critiques portent notamment sur les critères d’accès à cette procédure, jugés trop larges et subjectifs. Les conditions stipulant qu’une affection soit grave, incurable et engageant le pronostic vital pourraient inclure un nombre indéterminé de personnes. De plus, la souffrance, perçue comme insupportable, reste une notion subjective sans évaluation scientifique précise.

L’exigence d’une volonté libre et éclairée est également remise en question, notamment en raison de la fluctuation naturelle du désir de mort. Les protections pour les personnes vulnérables et les majeurs protégés semblent insuffisantes, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur sécurité.

Une nouvelle norme du mourir

Si ce texte est adopté, la France introduirait une procédure d’euthanasie parmi les plus rapides et les moins encadrées au monde. En comparaison, les délais pour obtenir une euthanasie en Belgique sont deux fois plus longs et six fois plus longs qu’au Canada. De plus, le contrôle de la procédure serait limité à des bilans statistiques annuels, ce qui pourrait accroître les risques pour les populations vulnérables.

Une loi de masse

Les signataires de la tribune appellent à une réflexion approfondie avant le vote. Ils affirment qu’aucun citoyen ne devrait avoir à choisir entre souffrir et mourir, et que les efforts devraient se concentrer sur l’amélioration de l’accès aux soins palliatifs. La loi du 26 mai 2026, qui visait à garantir un accès égal aux soins palliatifs, a été votée à l’unanimité, soulignant le besoin d’un encadrement solide des soins de fin de vie.

La population française, en grande partie préoccupée par les implications de l’euthanasie, attend des députés qu’ils prennent une décision éclairée et responsable, en protégeant les plus fragiles de la société.

Source : La Croix

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