Fibre Excellence : l’offre de Matthieu Pigasse dans l’impasse à quatre jours du verdict du tribunal
Alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner le 27 juillet le projet de reprise de Fibre Excellence, les conditions suspensives liées à des engagements de l’État demeurent non satisfaites. Cette situation laisse entrevoir une éventuelle liquidation judiciaire du principal fabricant français de pâte à papier marchande.
L’espoir suscité par Matthieu Pigasse, qui avait proposé d’entrer au capital de Fibre Excellence mi-juin, semble s’évanouir. À quatre jours de l’audience, les trois conditions suspensives associées à cette offre n’ont pas été levées, menaçant ainsi les deux usines de Fibre Excellence, qui emploient 670 salariés à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), et soutiennent indirectement 10 000 emplois dans la filière bois-papier.
Dans un courrier adressé à Emmanuel Macron, les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que les syndicats CGT, CFDT et FO, ont exprimé leur « grande inquiétude » suite aux déclarations du ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a jugé l’offre de Matthieu Pigasse « pas au niveau ». Ils estiment que ce qui fait défaut n’est pas un investisseur ou un projet industriel, mais que l’État doit assumer les conséquences de ses propres politiques.
De son côté, l’État affirme avoir déjà engagé des efforts significatifs pour soutenir le groupe. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a rappelé qu’au cours des trois dernières années, plus de 100 millions d’euros de fonds publics ont été mobilisés pour accompagner l’entreprise. En outre, un engagement public de 150 millions d’euros a été consenti, incluant un aménagement des dettes et une avance sur le plan d’investissement des sites.
Cependant, ces mes ne prendraient effet qu’avec le prochain projet de loi de finances en 2027. En attendant, les représentants de Fibre Excellence demandent une compensation de l’État et une prise en compte de l’ensemble des turbines des deux sites.
Source : La Tribune
