Il faut vraiment que l’État intervienne : les salariés de Fibre Excellence lancent un dernier cri d’alerte
À quelques jours de l’audience devant le tribunal de commerce de Toulouse, les salariés de Fibre Excellence retiennent leur souffle. L’avenir des sites de Saint-Gaudens et de Tarascon se jouera lundi. En attendant, les employés occupent leur usine jour et nuit pour défendre le projet de reprise et espérer garder leurs emplois.
Les deux sites de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, sont menacés de fermeture imminente. Le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner l’avenir de l’entreprise de pâte à papier ce lundi. Le mois dernier, l’homme d’affaires Mathieu Pigasse avait déposé une offre de reprise, mais le ministre de l’Économie a estimé que le projet n’était pas à la hauteur, nécessitant un investissement trop important de la part de l’État.
Cette déclaration a suscité l’incompréhension des salariés. Les syndicats estiment que l’offre de reprise mérite d’être soutenue. Jean-Michel Bulinge, délégué syndical de la CGT Fibre Excellence Tarascon, a déclaré : « Cette offre a été expertisée, elle est crédible et les projets sont viables. Aujourd’hui, on veut nous parler des dettes et de l’effacement du passif en cas de reprise. » Il a ajouté : « Mais si l’entreprise est liquidée demain, cette dette de toute façon personne ne la paiera. »
Au-delà de la dette, plusieurs conditions suspensives doivent être levées avant de réaliser une reprise. Un point crucial est le tarif de rachat de l’électricité produite par l’usine, jugé indispensable à l’équilibre économique du projet. Frédéric Sanchez, délégué syndical CFDT Fibre Excellence, a expliqué : « On cherche par tous les moyens à obtenir une revalorisation du tarif, que ce soit sur les volumes ou sur les prix. Il faut vraiment que l’État intervienne sur ce sujet. Sinon, d’ici lundi, ça sera terminé. Il nous reste trois jours pour nous battre et obtenir de la visibilité. »
Pour tenter de débloquer la situation, les salariés occupent l’usine de Tarascon jour et nuit depuis jeudi matin. Ils attendent désormais la décision du tribunal de commerce, qui décidera de l’avenir de l’entreprise et de ses 660 salariés.
Source : France 3 Régions.