Ferroviaire : Une nouvelle industrie sur les rails

Une nouvelle industrie sur les rails au Maroc

Le Maroc s’engage dans une transformation significative de son secteur ferroviaire. L’Office national des chemins de fer (ONCF) a lancé un vaste programme de renouvellement de son matériel roulant, qui ne se limite pas à l’acquisition de nouveaux trains, mais vise à établir une filière industrielle nationale. En février 2025, l’ONCF a commandé 168 trains de nouvelle génération pour un montant de 29 milliards de dirhams (MMDH), dans le cadre d’un programme d’investissement total de 96 MMDH. Ce programme soutiendra l’extension de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, le développement de réseaux express régionaux et la modernisation des infrastructures ferroviaires.

Les contrats ont été attribués aux entreprises Alstom (18 trains à grande vitesse), CAF (40 trains interurbains) et Hyundai Rotem (110 trains RER). Ces accords visent à créer une industrie ferroviaire capable de produire localement une part croissante des équipements tout en développant les compétences nationales.

État des lieux de l’industrie ferroviaire marocaine

Le Maroc ne part pas de zéro dans ce domaine. Des entreprises comme la Société des basaltes marocains (SBM) et la Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire (SCIF) ont déjà une expérience significative. SBM, fondée en 1948, est spécialisée dans la fabrication de traverses en béton et de ballast ferroviaire. En 2024, elle a produit environ 277.500 traverses pour la ligne à grande vitesse et 420.000 tonnes de ballast.

De son côté, la SCIF se concentre sur la production de wagons de fret et la modernisation de voitures voyageurs. Le premier prototype d’un programme de 350 wagons de fret, avec un taux d’intégration locale de 56%, a été présenté récemment.

Défis et dépendance technologique

Malgré ces avancées, le Maroc reste dépendant des importations pour certains équipements ferroviaires à haute valeur ajoutée, notamment les appareils de voie et les rails. Pour la future LGV Kénitra-Marrakech, l’ONCF a attribué des contrats dépassant 3,2 MMDH pour des appareils de voie, ainsi que des marchés pour plus de 80.000 tonnes de rails en acier, souvent fournis par des entreprises étrangères, notamment chinoises et européennes.

Cette dépendance a conduit l’ONCF à intégrer des exigences de transfert de technologie et de contenu local dans ses contrats, afin de construire une base industrielle capable de produire des équipements stratégiques.

Perspectives d’avenir

Le Maroc ambitionne de devenir un acteur majeur dans l’assemblage et la fabrication de trains. Hyundai Rotem prévoit d’installer une usine à Benguerir pour produire des rames et des composants ferroviaires, avec un taux d’intégration initial de 30% qui devrait atteindre 60% à terme. Cette initiative, ainsi que celles d’Alstom et CAF, vise à structurer un écosystème industriel ferroviaire national, avec une prévision de création de 10.000 emplois directs et indirects d’ici 2032.

En parallèle, l’Institut de formation ferroviaire (IFF) joue un rôle clé dans le développement des compétences, en formant des conducteurs, techniciens et ingénieurs, tout en accueillant des professionnels d’autres pays africains, renforçant ainsi le savoir-faire marocain.

Ces initiatives visent à réduire la dépendance aux importations et à positionner le Maroc comme un hub industriel compétitif sur le marché africain.

Source : ONCF

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