Bordeaux : Le mouvement #sauvetonbar face aux fermetures acoustiques
La tension entre la tranquillité des riverains et la vie nocturne à Bordeaux est à son paroxysme. Bernard Labaye, propriétaire du bar Les Copains d’abord, dans le quartier Saint-Michel, a lancé le mouvement #sauvetonbar fin mars après avoir subi deux fermetures acoustiques, l’une d’une durée d’un an et trois mois, et l’autre de deux mois. « On ne peut plus organiser quelque chose sans qu’on ait une voiture de la police municipale devant la porte ! » déplore-t-il.
Environ vingt-cinq établissements se sont unis à ce mouvement. Labaye évoque des conflits de voisinage récurrents liés aux nuisances sonores. De son côté, le gérant de La Bande à Roro, un bar à vin, s’inquiète de la possibilité d’installer des tables extérieures pendant l’été, soulignant que sans cela, son activité pourrait chuter de 50 à 70 %.
Sous l’administration de Pierre Hurmic, la ville avait été condamnée par le tribunal administratif en novembre 2025 pour son inaction face aux nuisances sonores répétées d’un bar, suite à la plainte d’un riverain. En janvier 2026, un règlement municipal a été instauré, imposant des restrictions sur les horaires d’exploitation des terrasses et la possibilité de fermetures temporaires.
Quatre fermetures administratives pour tapages en 2025
« Plus je fais des efforts pour isoler mon établissement, plus j’ai de problèmes », se lamente Labaye, qui a ouvert son bar il y a dix ans. Il appelle à une meilleure communication entre la mairie, les bars et les riverains. Il souligne également qu’en Espagne, une loi protège les établissements de ce type contre les plaintes de riverains conscients de leur proximité.
Selon la préfecture de la Gironde, le nombre de suspensions liées aux nuisances sonores reste stable à Bordeaux, oscillant entre cinq et sept depuis 2023. En 2024, cinq fermetures administratives pour tapages ont été enregistrées, et quatre en 2025.
Le nouveau maire, Thomas Cazenave, n’a pas encore rencontré les représentants des bars concernés, mais une discussion est envisagée. La manière dont il abordera cette question sensible reste à déterminer.
(Source : 20 Minutes)