« Je ne veux pas retourner à la rue » : Yeresso, 17 ans, redoute la fermeture de places d’hébergement pour mineurs isolés
Mercredi en fin d’après-midi, 56 organisations et associations ont manifesté devant la métropole de Lyon pour protester contre la suppression du dispositif « Stations » réservé aux migrants isolés, dont fait partie Yeresso.
« J’étais à la rue et je ne veux pas y retourner ». Depuis quelques mois, Yeresso, Ivoirienne de 17 ans, vit dans la crainte. La Métropole de Lyon envisage de supprimer 102 places d’hébergement destinées aux mineurs isolés dont l’âge n’a pas été reconnu, mais qui attendent une réponse définitive du juge. Créés en 2020, les dispositifs « Stations » ont permis la mise à l’abri et l’accompagnement de 738 jeunes, rappellent les 56 organisations présentes lors de la manifestation.
Yeresso explique : « J’ai peur d’être agressée, j’ai peur des violences sexuelles », ajoutant également sa « crainte de tomber malade et de ne plus avoir à manger ». Arrivée à Lyon en juillet 2025 sans famille, elle a « dormi dehors, sans tente ». Elle décrit son expérience comme « totalement compliquée ».
Orientée vers Forum réfugiés après quelques semaines, elle a d’abord séjourné à l’hôtel, puis dans un appartement. Lorsque sa minorité a été contestée, elle a dû chercher d’autres solutions. Le Secours Populaire l’a alors prise en charge. « Je suis passée de maison en maison », déclare-t-elle, ayant bénéficié des « hébergements citoyens », où des volontaires accueillent des personnes exilées sans solution de logement. Le dispositif « Stations » lui a permis de trouver un peu de stabilité.
Yeresso a exprimé son souhait : « Je voudrais dire à la Métropole de ne pas fermer ces places car ça aide des gens comme moi qui n’ont pas de famille en France. »
Bien que pudique sur son passé, elle a mentionné qu’elle « voulait faire des études » en France, mais se retrouve bloquée. Après avoir passé des tests auprès de l’Éducation nationale, elle attend depuis des mois d’être affectée à un établissement scolaire. En attendant, elle fait du bénévolat pour le Secours populaire et suit des cours de français.
Catherine, une bénévole au Secours Populaire, se dit révoltée par la situation de Yeresso et la perspective de son retour à la rue. « Si elle est partie de son pays, c’est pour de bonnes raisons. Ce dispositif est fondamental pour elle. Le supprimer, c’est la remettre en danger », déclare-t-elle.
Yeresso souhaite également devenir aide-soignante, affirmant : « J’aime aider les malades. » Selon le collectif qui a manifesté, un premier site « Station » pourrait être fermé à la fin du mois de septembre, et un second à la fin de l’année.
Source : France 3 Régions
