Fermeture de l’usine Stellantis de Douvrin : fin d’une ère
L’usine de Douvrin, fondée en 1969 sous le nom de Française de Mécanique, cessera sa production le 30 octobre prochain. Cette décision, annoncée par Stellantis, marque la fin d’une longue histoire industrielle française, durant laquelle l’usine a produit plus de 40 millions de moteurs, dont le fameux V6 PRV qui équipait la DeLorean du film « Retour vers le futur ».
Contexte de la fermeture
Située dans le bassin minier du Pas-de-Calais, l’usine a vu son activité diminuer au fil des ans. Depuis un an, 337 salariés ont été orientés vers des dispositifs de mobilité interne ou externe, avec certains ayant rejoint la gigafactory voisine ACC, spécialisée dans la production de batteries. Actuellement, il reste moins de 50 salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) à Douvrin, ainsi qu’une cinquantaine d’intérimaires, ce qui rend la poursuite de la production économiquement inviable. À son apogée, l’usine comptait 5 800 employés.
Laurent Oechsel, délégué syndical central CFE-CGC, a déclaré : « On avait demandé que la production continue tant qu’il restait des salariés et là on a atteint la limite. C’est conforme à ce qu’on avait convenu avec la direction. »
Développement des batteries électriques
La fermeture de l’usine de Douvrin coïncide avec le développement d’une gigafactory de batteries électriques, construite par la co-entreprise ACC. Cependant, ce site, lancé en 2023, rencontre de nombreuses difficultés de production, notamment en matière de cadence et de taux de rebut. Les délais de livraison pour les SUV électriques Peugeot 3008 et 5008, qui utilisent des batteries ACC, se chiffrent actuellement entre 9 et 12 mois.
L’ancien directeur général du groupe, Yann Vincent, a reconnu un excès de confiance dans la maîtrise de la production de batteries, soulignant que ces procédés de fabrication sont complexes et nécessitent du temps pour être parfaitement maîtrisés.
Conclusion
La fermeture de l’usine de Douvrin représente un tournant significatif dans l’industrie automobile française, marquant la transition vers des technologies plus durables, tout en soulevant des questions sur l’avenir de l’emploi dans la région.
Source : BFM TV
