Femmes au parlement : progrès au ralenti, violences persistantes

Femmes au parlement : progrès au ralenti, violences persistantes

Le rapport intitulé Les femmes au parlement 2025 met en lumière une stagnation inquiétante dans la représentation féminine au sein des parlements du monde entier. Cette progression est la plus lente observée depuis près d’une décennie. L’étude révèle également un recul dans la présence des femmes aux postes de direction parlementaire, avec seulement 12 femmes élues présidentes de parlement parmi 75 nouvelles nominations.

Selon l’Union interparlementaire (UIP), les quotas sont essentiels pour améliorer la représentation des femmes. Parmi les 49 pays ayant organisé des élections en 2025, les chambres ayant un dispositif législatif en faveur de la parité comptent en moyenne 31 % de femmes, alors que celles sans quotas n’affichent que 23 %.

Fortes disparités régionales

Les Amériques demeurent la région la plus avancée en matière de représentation féminine, avec 35,6 % de femmes parlementaires. En revanche, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord affichent la plus faible représentation, avec une moyenne de 16,2 % de femmes occupant des sièges.

Certains pays, comme le Kirghizistan, ont enregistré des avancées notables, avec une hausse de 12,9 points, tandis que Saint-Vincent-et-les-Grenadines a progressé de 12,3 points. À l’opposé, Oman, Tuvalu et le Yémen ne comptent toujours aucune femme parlementaire dans leurs chambres basses ou uniques.

Les femmes parlementaires ciblées par les violences

Au-delà des inégalités de représentation, les femmes engagées en politique subissent des violences et des intimidations croissantes. Selon l’UIP, 76 % des femmes parlementaires interrogées déclarent avoir été victimes de violences ou d’intimidations, contre 68 % des hommes. Ces violences prennent diverses formes, allant des attaques en ligne aux menaces dans la sphère publique.

Valentina Grippo, députée italienne et membre de la délégation européenne auprès de l’UIP, souligne que les femmes qui expriment des opinions divergentes subissent souvent des attaques multiples.

Dénoncer les violences n’est plus tabou

Historiquement, ces violences ont été largement invisibles. Mariana Mutzenberg, du programme genre de l’UIP, affirme que ce sujet n’est plus tabou et qu’il est désormais reconnu comme un problème mondial. Plusieurs pays commencent à réagir, comme la Bolivie, qui a adopté en 2025 une législation pour prévenir et sanctionner la violence contre les femmes en politique. En Afrique, des initiatives similaires émergent, notamment en Tunisie et en Tanzanie.

Mariana Mutzenberg souligne l’importance de la prise de conscience et appelle à des lois et des mes robustes de la part des autorités électorales pour lutter contre ce phénomène.

Source : Union interparlementaire (UIP)

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