Faut-il faire des bébés pour sauver la France ?
En 2025, pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré plus de décès que de naissances, avec 651 000 décès et 645 000 naissances, selon l’INSEE. Cette tendance n’est pas isolée : une étude publiée en 2024 prévoit qu’à l’horizon 2100, trois quarts des pays du monde ne disposeront pas d’un nombre suffisant de naissances pour maintenir leur population. Ce phénomène démographique soulève des questions cruciales sur l’avenir de la France et de nombreux autres pays.
Le 16 janvier 2024, le président français a mis en avant ce problème en déclarant que la baisse de la natalité est liée à la progression de l’infertilité. Il a annoncé un grand plan de lutte contre ce fléau pour favoriser un « réarmement démographique ». Cette terminologie a suscité des réactions, notamment de Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé, qui a qualifié ce terme de « malheureux » et a plaidé pour des politiques familiales permettant aux femmes de choisir librement le nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir.
Sans enfants, se pose la question de qui financera les retraites, s’occupera des personnes âgées et soutiendra l’économie. La solution proposée par le président semble simple : inciter à la procréation. Cependant, cette approche soulève des interrogations sur le rôle de l’État dans la détermination du nombre d’enfants à avoir.
Les causes de la baisse de la natalité
Roselyne Bachelot a partagé des chiffres révélateurs : la naissance d’un enfant entraîne une perte de revenus de 40 % pour la femme concernée, et de 30 % dans les dix années suivantes, par rapport à celles qui n’ont pas d’enfants. Ce constat montre que de nombreuses femmes privilégient leur carrière professionnelle, souvent en raison de la réalité d’élever un enfant seule.
Les inquiétudes sur notre modèle économique
Clément Beaune, haut-commissaire au Plan, souligne le déséquilibre croissant entre le nombre d’actifs et d’inactifs. Une diminution des naissances pourrait entraîner la fermeture d’écoles et une réduction du nombre d’actifs sur le marché du travail, mettant en péril le modèle social français.
De son côté, Pauline Rossi, professeure d’économie, estime qu’il est plus judicieux d’adapter l’économie à la démographie plutôt que l’inverse. Elle mentionne que les politiques familiales ont souvent des effets limités et propose d’apprendre à vivre avec un régime démographique en mutation.
Les politiques incitatives
Roselyne Bachelot rappelle que la France dispose d’une politique familiale généreuse, mais qui ne suffit pas à inverser la tendance. Les politiques d’aide à l’organisation de la famille, notamment les crèches et le congé de naissance, doivent être renforcées pour favoriser une augmentation de la natalité. Ces mes, qui ont montré leur efficacité dans les pays nordiques, pourraient également être adaptées à la réalité française.
En conclusion, la question de la natalité en France est complexe et nécessite une approche globale, prenant en compte les réalités économiques et sociales, ainsi que le désir des familles de fonder des foyers.
Source : INSEE, France Inter
